L’agenda de l’histoire globale – 1er trim. 2012

Notre premier rendez-vous calendaire de l’année 2012 s’annonce riche en rencontres. Si vous organisez ou avez connaissance d’un événement susceptible d’être relayé par ce blog, envoyez un courriel à sh.testot [at] wanadoo.fr en mettant en sujet : Agenda histoire globale.

Le prochain agenda sera publié début avril.

Colloques

Monnaies et économies au 19e siècle

(de l’Europe à l’Asie)

Colloque de l’ENS-Paris/LabEx Transfers

Paris (75005). Amphithéâtre Rataud, École Normale Supérieure, 45 rue d’Ulm.

Les 13 et 14 janvier 2012.

Contact : Georges Depeyrot, georges.depeyrot [at] orange.fr

• Vendredi 13 janvier, de 9 h à 12 h : en présence de Michel Espagne, LabEx, Georges Depeyrot, CNRS, ENS, Juan E. Castañeda, interventions de Kuroda Akinobu, Tôkyô University, « The age of foreign silver dollar », Alla Sheptun, Financial University, Moscow, « Money and economic development in 19th century Russia », Rita Martins de Sousa, Technical University of Lisbon, « From bimetallism to the gold standard: Portugal, 1854 », Kato Keiichiro, Ryutsu Kagaku University, Kobe, « Japan’s change to the gold standard seen through contemporary newspapers in Kobe », Josette Rivallain, Musée de l’Homme, Paris, « Monnaies d’argent en Afrique : le thaler de Marie-Thérèse ».

• Vendredi 13 janvier, de 14 h à 18 h : en présence de Kuroda Akinobu, interventions de Marina Kovalchuk, Far Eastern Federal University, Vladivostok, « G. Arbuthnot’s “Reports on Japanese currency” (1862-1863) », Michael Schiltz, University of Tôkyô, « Money on the road to empire: Matsukata Masayoshi and the choice for gold monometallism, 1897 », Nakajima Keiichi, Keio University, « L’introduction de la monnaie de type occidental au Japon », Patrice Baubeau, Université de Paris-Ouest, « The Banque de France and its moneys: Commercial trade Bills, notes, gold and silver », Vladimir Bakhtin (Financial University, Moscow), « Russian financial system and wars in the 19th century », Aleksandra Majstorac Kobiljski, EHESS, « Questioning the transfer: Innovation in coal technology at the turn of the 20th century ».

• Samedi 14 janvier, de 9 h 15 à 12 h : en présence de Jürgen Nautz, interventions de Juan E. Castañeda, UNED, Madrid, « Spain’s deflations and monetary stability in the late 19th century », Guillaume Sarrat de Tramezaigues, SciencePo, Paris, « Early banking crises and financial regulation in 19th century Europe », Matthias Morys, York University, « The emergence of the classical gold standard in the 1870’s », Emmanuel Prunaux, EHESS, « Achats de piastres et de métaux précieux par la Banque de France au début du 19e siècle », Katerina Bregianni, Academy of Athens, « Monetary crises in Greece during the 19th century: Greek membership in the Latin Monetary Union and numismatics issues ».

• Samedi 14 janvier, de 14 à 18 h : en présence de Patrice Baubeau, interventions de Jürgen Nautz, University of Vienna, « Austro-Hungarian battles for the standard: The academic and political debates about the currency reform in the 2nd half of the 19th century », Michael Märcher, National Museum, Copenhagen, « Danish monetary history 1850s-70s », Stefano Ugolini, Scuola Normale Superiore, Pisa, « The international monetary system, 1844-1870: Arbitrage, efficiency, liquidity », Bruno Collin, « L’Union Latine, une réponse coordonnée à la crise de l’argent », Ekaterina Svirina, Financial University, Moscow, « Russian monetary reforms in the 19th Century ».

Autour des « zoos humains »

Colloque du musée du quai Branly


Paris (75007). Théâtre Claude Lévi-Strauss, musée du quai Branly, 218 rue de l’Université ou 37 quai Branly.

Les 24 et 25 janvier 2012.

Contact : Anna Gianotti Laban, anl [at] quaibranly.fr

À l’occasion de l’exposition « Exhibitions. L’invention du sauvage » au musée du quai Branly (du 29 novembre 2011 au 3 juin 2012), une trentaine de spécialistes internationaux seront présents pour porter un regard croisé sur le phénomène des exhibitions de monstres et d’exotiques en Europe, aux États-Unis et au Japon.

• Mardi 24 janvier 2012, de 9 h 30 à 13 h : accueil par Stéphane Martin, président du musée du quai Branly, présentation générale du colloque par Lilian Thuram, puis table-ronde 1 : « La construction de la race et d’un regard dans les exhibitions ethnographiques, l’invention de l’autre », présidée par Gilles Boëtsch et Anne-Christine Taylor. Avec Claude Blanckaert, William Schneider, Sandrine Lemaire, Christian Joschke, Bernard Andrieu, André Langaney et Sylvie Chalaye.

• Mardi 24 janvier 2012, de 14 h 30 à 17 h 30 : Table-ronde 2 : « Images et imaginaires sur les “sauvages” dans les exhibitions, une histoire du regard », présidée par Nanette Snoep et Dominic Thomas. Avec Patricia Morton, Patricia Falguières, Éric Deroo, Zeynep Celik, Marylène Patou-Mathis, Sadiah Qureshi, James Smalls

• Mercredi 25 janvier 2012, de 9 h 30 à 13 h : présentation de la journée par Nanette Snoep, puis table-ronde 3 : « Exhibition, colonisation et construction nationale, l’impact des exhibitions », présidée par Pascal Blanchard et Nicolas Bancel, avec Achille Mbembe, Catherine Coquery-Vidrovitch, Patrick Minder, Volker Barth, Nicola Labanca, Charles Fordsick et Robert Rydell.

• Mercredi 25 janvier 2012, de 14 h 30 à 18 h 15 : table-ronde 4 : « Le sauvage, une construction ordinaire, enjeux contemporains », présidée par Lilian Thuram et Élisabeth Caillet, avec Michel Wieviorka, Doudou Diène, Elsa Dorlin, Françoise Vergès, Ninian Van Blyenburgh, Carole Reynaud-Paligot et Olivier Razac. Puis conclusion du colloque par Pascal Blanchard.

Les ondes de choc des révolutions arabes

Colloque de l’Inalco


Paris (75013). Auditorium de l’Inalco, 65 rue des Grands-Moulins.

Les 3 et 4 février 2012.

Contact : M’hamed Oualdi, mhamed.oualdi [at] inalco.fr

Ce colloque entend fournir un cadre global de compréhension des révolutions et révoltes en cours dans le monde arabe. Il s’agira de remonter aux sources des révolutions, en insistant sur les grandes mutations qu’ont connues les sociétés de ces pays lors des dernières décennies. Dans une perspective comparative, il faudra souligner la très grande diversité des situations nationales, notamment en termes de configurations du pouvoir politique, et de structuration des mobilisations et tenter de comprendre pourquoi dans certains cas, la révolte ne prend pas. Enfin, nous explorerons les perceptions régionales et internationales du printemps arabe.

• Vendredi 3 février, de 9 h 30 à 13 h : 1re partie, « Les trajectoires des révolutions (I) », session 1, « Des révolutions avortées ou évitées ? » présidée par M’hamed Oualdi, avec les interventions de Fouad Abdelmoumni (économiste, Rabat), Nedjib Sidi Moussa (Paris-1–Panthéon-Sorbonne), Laurence Louër (Ceri/IEP, Paris) ; puis session 2 : « Des révolutions en transition ? », présidée par Delphine Pagès-El Karoui, avec les interventions de Hichem Abdessamad (EHESS), Leïla Vignal (Rennes-2), Sarah Ben Néfissa (IRD, Paris).

• Vendredi 3 février, de 14 h 30 à 17 h 45 : 2e partie, « Les ondes de choc régionales et mondiales », session 3, « Perspectives et répercussions régionales » présidée par Anne de Tinguy, avec les interventions de Hamit Bozarslan (Cetobac, EHESS), Azadeh Kian (Paris-7), Alain Dieckhoff (CNRS, Ceri/IEP, Paris) ; puis session 4, « Les révolutions arabes vues d’ailleurs », présidée par Hamit Bozarslan, avec les interventions de Meropi Anastassiadou (Inalco), Anne de Tinguy (Inalco), Sébastien Colin (Inalco).

• Samedi 4 février, de 10 h à 12 h 30 : « Les trajectoires des révolutions (II) », session 5, « Des révolutions en suspens », présidée par Chantal Verdeil, avec les interventions de Marine Poirier (IEP, Aix-en-Provence), Thomas Pierret (Université d’Édimbourg) ; puis 3e partie, « Territoires, temps et discours des révolutions », session 6, « L’émergence de nouveaux discours », présidée par Aboubakr Chraïbi, avec les interventions de Yves Gonzalez-Quijano (Institut français du Proche-Orient, Beyrouth), Nadia Makouar (Inalco), Yasser Alwan (photographe cairote).

• Samedi 4 février, de 14 h à 16 h 30 : session 7, « Territoires, réseaux et temps des révolutions », présidée par Leïla Vignal, avec les interventions de Olivier Pliez (Université de Toulouse-Le Mirail), Françoise de Bel-Air (consultante), Delphine Pagès-El Karoui (Inalco), M’hamed Oualdi, Chantal Verdeil.

Complexités croissantes et adaptations

au cours de l’évolution des hominidés

Colloque


Paris (75013). Amphithéâtre de l’Institut de paléontologie humaine, 1 rue René-Panhard.

Les 8, 9 et 10 février 2012.

Contact : Anne-Lise Millan-Brun, biph [at] mnhn.fr

Les objectifs de ces trois journées sont de croiser les nouvelles connaissances et programmes de recherche en paléontologie humaine et en préhistoire autour du développement psychomoteur des hominidés fossiles (acquisition de la verticalité, apprentissage de la marche et des gestes manuels, développement de l’image corporelle et de la pensée symbolique, des différents langages, facteurs d’innovations comportementales, technologiques, transmissions des savoirs).

• Mercredi 8 février 2012, de 9 h 30 à 12 h 30 : interventions d’Anne Dambricourt-Malassé (dpt de Préhistoire), « Reconstituer le développement des hominidés dans leur contexte social et écologique, de l’embryogenèse à l’apprentissage psychomoteur,  apport à la compréhension des processus d’hominisation et d’humanisation » ; de Jean-François Lambert (Paris-8), « L’image mentale comme anticipation de la rencontre, de l’objet au sujet » ; de Patrick Paillet (dpt de Préhistoire), « Expression graphique et plastique au Paléolithique supérieur. Art pariétal et art mobilier : de nouveaux comportements symboliques ».

• Mercredi 8 février 2012, de 14 h à 17 h : interventions d’Odile Romain (dpt de Préhistoire), « Les symboliques du Mont Bégo » ; de Marcel Otte (Université de Liège, Belgique), « La convergence des chaînes opératoires en Asie et en Afrique » ; de Claire Gaillard (dpt de Préhistoire), « Qu’est-ce qui caractérise les plus anciennes industries lithiques ? Réflexions sur quelques exemples d’Afrique et d’Asie ».

• Jeudi 9 février 2012, de 10 h à 12 h 30 : intervention de Marylène Patou-Mathis, Stéphane Péan et Laurent Crépin (dpt de Préhistoire), « Derniers Néanderthaliens et premiers hommes modernes en Crimée (Ukraine) : palethnographie comparée ».

• Jeudi 9 février 2012, de 14 h à 18 h : interventions d’Amélie Vialet (institut de Paléontologie humaine, Paris), « Les recherches actuelles en Turquie, état des connaissances en paléontologie humaine et préhistoire » ; de Djillali Hadjouis (Laboratoire d’Archéologie départemental du Val-de-Marne et Université d’Alger), « Peuplements et environnements pléistocènes et holocènes d’Algérie, les nouveaux programmes de recherche » ; de Simone Mulazzani (UCL), Vincent Lebreton (dpt de Préhistoire), Raouf Karray (Université de Tunis), Amor Gammar (Université de Manouba), « Archéologie, géologie du Quaternaire et paléoenvironnement au Maghreb oriental : le programme de recherche multidisciplinaire d’Hergla (Tunisie centrale) » ; de Jean-Jacques Bahain, Christophe Falguères, Salah Abdessadok (dpt de Préhistoire), « Les nouvelles découvertes sur l’ancienneté de la préhistoire en Chine,  l’exemple de Yunxian, Hubei ».

• Vendredi 10 février, de 10 h à 13 h : interventions de Jean-Luc Voisin (dpt de Préhistoire), « L’épaule des hominidés, une ou des architectures ? », de Marie-Christine Hobatho (Université de technologie de Compiègne), « La biomécanique du rachis de l’homme moderne, caractérisation et modélisation, illustrations par des exemples d’applications cliniques » ; de David Pleurdeau (dpt de Préhistoire), « Des outils en quête de mains ».

• Vendredi 10 février, de 14 h à 17 h : intervention de Jean-Jacques Millet (Université Joseph-Fourier, Grenoble), « Les effets de la migration, des modifications de l’environnement (voire saisonnalité) sur les stratégies de croissance (life history) et la diversification des hominidés » ; d’Anne-Marie Moigne (dpt de Préhistoire), « Changement des modes d’alimentation : adaptation au climat ou aux outils ? Signification du choix » ; de Sandra Joffroy (Université Toulouse-3), « Les conditions psychophysiologiques pour s’engager sur des milieux instables comme la mer ».

Conférences,

débats,

tables-rondes et

journées d’étude


Décalages : les autres et nous

Cycle de conférences du Musée du Quai-Branly


Paris (75007). Musée du quai Branly, 206, rue de l’Université.

Contact : Nathalie Mercier, nathalie.mercier [at] quaibranly.fr

• Jeudi 5 janvier 2012, à partir de 18 h 30 : conférence-débat en présence de Michel Pastoureau, historien médiéviste spécialiste de la symbolique des couleurs, et d’Anne-Christine Taylor, anthropologue américaniste, « La perception des couleurs en Europe et en Amérique latine ».

• Jeudi 26 janvier 2012, à partir de 18 h 30 : conférence-débat en présence d’Augustin Berque, géographe spécialiste du Japon, et d’Olivier Mongin, écrivain, directeur de la revue Esprit, « La ville au Japon et en Europe ».

• Jeudi 29 mars 2012, à partir de 18 h 30 : conférence-débat en présence de François Jullien, philosophe et sinologue, et de Nadeije Dagen, historienne d’art spécialiste de peinture, « Le nu en Chine et en Occident ».

L’UniverCIté

Cycle de conférences

de la Cité nationale

de l’histoire de l’immigration


Paris (75012). Auditorium Philippe Dewitte, Cité nationale de l’histoire de l’immigration,  293 av. Daumesnil.

Entrée libre, dans la limite des places disponibles.

• Jeudi 5 janvier 2012, à partir de 18 h 30 : table-ronde « Femmes et genre en contexte colonial, 19e-20e siècles », avec les interventions de Christelle Taraud, New York University Paris et Columbia University Paris, d’Anne Hugon, Panthéon-Sorbonne, et d’Emmanuel Blanchard, Université de Versailles Saint-Quenti, animée par Pascale Barthélémy, ENS Lyon.

• Jeudi 16  février 2012, à partir de 18 h 30 : conférence de Dirk Hoerder, professeur d’histoire émérite, Arizona Sate University, « Cultures in contact: World migrations in the Second Millenium », animée par Nancy Green, EHESS ; la conférence se déroulera en anglais, avec traduction simultanée.

• Jeudi 22 mars 2012, à partir de 18 h 30 : table-ronde « “Bonnes à tout faire” : Allemandes du 19e siècle et Espagnoles des Trente Glorieuses en France », avec les interventions de Mareike Koenig, Institut historique allemand, et de Bruno Tur, Université Paris-Ouest–Nanterre La Défense, animée par Marianne Amar, CNHI.

Révolutions dans

le monde musulman :

l’actualité au regard du passé

Cycle de conférences IISMM /

EHESS et Collège de France


Paris (75006). Amphithéâtre de l’EHESS, 105 bd Raspail.

Contact : Marie-Hélène Bayle, marie-helene.bayle [at] ehess.fr

Ce cycle de conférences publiques veut aborder les événements en cours à travers une vision globale, ancrée dans l’histoire des pays d’Islam. En se situant dans la longue durée, au sein d’un espace élargi à l’ensemble du monde musulman, il offrira une réflexion sur les phénomènes révolutionnaires, les aspirations démocratiques et la mise en place des nouveaux régimes.

• Mardi 10 janvier 2012, de 18 h à 20 h : intervention de Hamit Bozarslan, EHESS, « Révolutions dans le monde, révolutions en terre d’Islam : une approche typologique ».

• Mardi 17 janvier 2012, de 18 h à 20 h : intervention de Cloé Drieu, CNRS, EHESS, « Des révoltes dans la guerre : l’Asie centrale en 1916 face à la conscription militaire ».

• Mardi 24 janvier 2012, de 18 h à 20 h : intervention d’Olivier Bouquet, Université de Nice Sophia-Antipolis, Collège de France, « Révoltes, mutineries et révolutions de palais dans l’Empire ottoman (17e-19e siècles) ».

• Mardi 31 janvier 2012, de 18 h à 20 h : intervention de François Georgeon, CNRS, EHESS, « Une révolution oubliée : la révolution de 1908 dans l’Empire ottoman ».

• Mardi 7 février 2012, de 18 h à 20 h : intervention d’Henry Laurens, Collège de France, « La Révolte arabe (1916-1918) ».

• Mardi 14 février 2012, de 18 h à 20 h : intervention de Gilbert Meynier, Université de Nancy-2, « Le FLN (1954-1962): une révolution ? »

• Mardi 6 mars 2012, de 18 h à 20 h : intervention de Yann Richard, Paris-3, Institut d’études iraniennes, « 1906-1979, les deux révolutions iraniennes du vingtième siècle, du nationalisme à l’islam politique ».

• Mardi 13 mars 2012, de 18 h à 20 h : intervention de Jocelyne Dakhlia, EHESS, « Tunisie : le chemin vers la Révolution ».

• Mardi 20 mars 2012, de 18 h à 20 h : intervention de Tewfik Aclimandos, Collège de France, « Révolution égyptienne ».

• Mardi 27 mars 2012, de 18 h à 20 h : intervention de Jean-François Legrain, CNRS, « La Palestine au rythme de ses intifada ».

« Thawra » /

Les soulèvements arabes

Cycle de conférences

Iremam/Cherpa


Aix-en-Provence.

Cette série de tables-rondes est destinée à exposer, débattre, expliquer les mécanismes des mouvements du monde arabe. Plutôt que de produire des analyses ad hoc, il s’agit pour nous de saisir cette fenêtre d’opportunité pour reformuler d’anciennes questions, en proposer de nouvelles, ou nous interroger sur les ressorts possibles du comparatisme. Ces séances, introduites par un court texte assorti de questions, s’adressent à un large public.

• Jeudi 12 janvier 2012, de 18 h à 20 h, Salle Georges-Duby, MMSH, 5, rue du Château-de-l’Horloge : Séance « Égypte, Tunisie, un an après : de la rue aux urnes », introduite par Myriam Catusse, Iremam, et discutée par Stéphanie Dechezelles, Cherpa, avec les interventions d’Amin Allal, Cherpa/Iremam, Sarah Ben Nefissa, IRD, et Olfa Lamloum, IFPO.

• Jeudi 9 février 2012, de 18 h à 20 h, IEP, 25, rue Gaston-de-Saporta : Séance « Égypte, Tunisie, Yémen : L’ancien régime et la révolution », introduite et coordonnée par Marine Poirier, Cherpa/Iremam, avec les interventions de Tewfik Aclimandos, Collège de France, et Michel Camau, Iremam.

Cosmopolitan Commitments

Conférence-débat


Paris (75007). SciencesPo, École doctorale, 3e étage, 199, bd Saint-Germain.

• Mardi 17 janvier, de 17 h à 19 h : Intervention de Richard Beardsworth, American University of Paris, autour de son livre Cosmopolitan Commitments in International Relations: Normative and Empirical Arguments in a Global Age of Transition, discutant Bertrand Badie, SciencesPo.

L’histoire mondiale

de la colonisation

Cycle de conférences

du musée du quai Branly


Paris (75007). Musée du quai Branly, 206, rue de l’Université.

Contact : Nathalie Mercier, nathalie.mercier [at] quaibranly.fr

• Jeudi 19 janvier 2012, à partir de 18 h 30 : conférence-débat en présence d’Henri Lopes, écrivain et diplomate congolais, « Patrice Lumumba ».

• Jeudi 8 mars 2012, à partir de 18 h 30 : conférence-débat en présence de Marie-Claire Bergère, historienne et sinologue, « Sun Yat-Sen ».

• Jeudi 15 mars 2012, à partir de 18 h 30 : conférence-débat en présence de Hélène Cixous, écrivain et dramaturge (sous réserve), « Norodom Sihanouk ».

• Jeudi 22 mars 2012, à partir de 18 h 30 : conférence-débat en présence d’Alban Bensa, anthropologue spécialiste de la Nouvelle-Calédonie, « Jean-Marie Tjibaou ».

Historiographies d’ici,

historiographies d’ailleurs

Cycle de conférences


Paris (75000). Grands Moulins (Inalco) et Olympiades (Université Paris-Diderot) et musée du quai Branly.

Contact : Nathalie Kouamé, nakouame [at] yahoo.fr

Comment écrit-on l’histoire en-dehors du monde occidental ? Des historiens s’interrogent sur la manière dont les sociétés non-occidentales qu’ils étudient font le récit de leur passé. Ces conférences sont organisées en partenariat par le laboratoire HSTM de l’Inalco, le laboratoire Sedet de l’Université Paris-Diderot et le musée du quai Branly.

• Jeudi 26 janvier 2012, de 17 h 30 à 19 h, salle de cinéma du musée du quai Branly : intervention de Timon Screech, Université de Londres, « Japon : la naissance de l’histoire de l’art au Pays du Soleil Levant, 17e-19e siècles ».

• Jeudi 2 février 2012, de 17 h 30 à 19 h 30, salle des thèses de l’Université Paris-Diderot, Immeuble Montréal-Olympiades : intervention d’Éric Meyer, Inalco, « Sri Lanka : écriture et usages de l’histoire de l’Antiquité à nos jours ».

• Jeudi 22 mars 2012, de 17 h 30 à 19 h 30, Inalco – Grands Moulins : intervention de Faranirina Rajaonah, Université Paris-Diderot, « Madagascar : l’histoire de Madagascar par des Malgaches, première moitié du 20e siècle ».

• Jeudi 29 mars 2012, de 17 h 30 à 19 h, salle de cinéma du musée du quai Branly : intervention de Béatrice Caseau, Paris-Sorbonne-4, « Empire byzantin : lire les signes célestes à Byzance, Histoire et religion ».

Les îles de la tentation.

Géographies de l’attractivité insulaire

Conférence-débat des Cafés géographiques


Paris (75006). Café de Flore, 172, boulevard Saint-Germain.

Contact : Olivier Milhaud, oliviermilhaud [at] yahoo.fr

• Mardi 31 janvier 2012, à partir de 19 h 30 : intervention de Marie Redon, Paris-13, et Philippe Pelletier, Lyon-2.

L’abolition de l’esclavage :

l’une des sources de

notre actuel droit d’ingérence ?

Café historique du Centre

européen de promotion de l’histoire


Chartres (28). Bar Le Parisien, 49, rue Noël-Ballay

Contact : François Barré, cafes.region.rvh [at] wanadoo.fr

• Jeudi 02 février 2012, à partir de 18 h 30 : intervention d’Olivier Grenouilleau, Paris-4–Sorbonne.

Le regard de l’Occident

sur l’autre lointain :

le préhistorique et le sauvage

Conférence-débat de l’association

Échange et diffusion des savoirs


Marseille (13004). Hôtel du Département, 52, avenue de Saint-Just.

Contact : Cécile Arnold, cecile.arnold [at] des-savoirs.org

• Samedi 4 février 2012, à partir de 18 h 45 : intervention de Marylène Patou-Mathis, spécialiste des Neandertaliens, CNRS/MNHN, dans le cadre du cycle « Miracles et mirages de la représentation. Vérité, fiction, connaissance II ».

La mesure du temps

Cycle de conférences

du Campus Condorcet

Aubervilliers (93304). Théâtre de la Commune, 2 rue Édouard-Poisson.

Avant que la globalisation du monde et les technologies modernes n’exigent et ne permettent la mesure universelle d’un temps de plus en plus abstrait des rythmes naturels du soleil, de la lune et des étoiles, chaque civilisation s’est dotée de calendriers appropriés à ses usages pratiques et symboliques du temps : qu’il s’agisse des cycles annuels ou du découpage égal ou inégal des mois ou des heures, la variété des solutions proposées n’a d’égal que le raffinement stupéfiant des spéculations élaborées dans chaque culture par les prêtres ou les astronomes. Un regard historique et comparatif s’impose pour éclairer les énigmes que le temps et sa mesure ne cessent de poser aux hommes et aux sociétés.

Entrée libre.

• Lundi 6 février, à partir de 19 h : intervention de Marc Kalinowski, sinologue, EPHE, « Le calendrier en Chine. Mesure du temps et gouvernement des hommes ».

Séminaires et

ateliers de recherche



Histoire mondiale

Séminaire

Paris (75005). Salle de séminaire de l’IHMC, 3e étage, escalier D, École normale supérieure, 45 rue d’Ulm.

Contact : Chloé Maurel, chmaurel [at] yahoo.fr

Quels sont les enjeux de l’histoire mondiale/globale ? Quels nouveaux chantiers de recherche ouvre-t-elle ? Comment les historiens de ce courant abordent-ils leur objet d’étude et que leur apporte cette approche mondiale ? Les chercheurs invités à ce séminaire et les discussions tenteront d’apporter des éléments de réponse.

Ce séminaire est ouvert à tous.

• Jeudi 5 janvier 2012, de 18 h à 20 h : intervention de Jean-Yves Mollier, Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, « L’histoire mondiale du livre, de l’édition et de la lecture ».

• Jeudi 19 janvier 2012, de 18 h à 20 h : intervention de Matthieu Leimgruber, Université de Genève, Fonds national suisse pour la recherche scientifique, « “Les problèmes d’assurance multinationale vous donnent mal à la tête ? SWISS LIFE vous propose le remède idéal !” Les prestations sociales pour expatriés et le développement transatlantique de l’industrie des fonds de pension (1960-1990) ».

• Jeudi 26 janvier 2012, de 18 h à 20 h : intervention de Marc Abélès, EHESS, CNRS, « L’anthropologie face à la globalisation ».

• Jeudi 16 février 2012, de 18 h à 20 h : intervention de Julien Hage, Université de Bourgogne, « L’édition de livres politiques dans le monde au 20e siècle ».

• Jeudi 8 mars 2012, de 18 h à 20 h : intervention de Noël Bonhomme, Paris-4, « Le G7 et la mondialisation : entre gouvernance occidentale et gouvernance mondiale ».

• Jeudi 22 mars 2012, de 18 h à 20 h : intervention de Marieke Louis, Ceri, IEP Paris, « Les organisations internationales et la régulation sociale de la mondialisation : le cas de l’Agenda de l’OIT pour le travail décent ».

L’histoire de l’État :

États, savoirs et institutions

en perspective transnationale,

18e-20e siècle

Séminaire

Paris (75006). Salle Jean Monnet, SciencesPo, 56 rue Jacob.

Contact : Nicolas Delalande, nicolas.delalande [at] sciences-po.fr

L’histoire politique de l’État, l’histoire de l’expertise et l’histoire de la mobilisation des savoirs dans l’action publique ont fait émerger ces dernières années de nouveaux objets et déplacé les frontières entre des types d’histoire qui parfois dialoguaient peu entre elles. Par les propriétés des objets considérés, ce séminaire impliquera de mettre en œuvre une approche transnationale et une perspective de longue période, de l’époque moderne à nos jours.

Lundi 9 janvier 2012, de 16 h à 19 h : intervention de Jean Boutier, EHESS, Olivier Guyotjeannin, École nationale des Chartes, et Gilles Pécout, ENS, « Une histoire de l’État par les cartes », discussion introduite par Romain Bertrand, Ceri, SciencesPo.

• Lundi 13 février 2012, de 16 h à 19 h : intervention de Heinrich Hartmann, Université de Bâle, « Construire la population par l’armée. La démographie et l’expertise militaire avant 1914 », discussion introduite par Jean-François Chanet.

• Lundi 12 mars 2012, de 16 h à 19 h : intervention de Pauline Peretz, Université de Nantes, Collège de France, « Mobilisations civiques et réforme du gouvernement aux États-Unis (années 1970) », discussion introduite par Alain Chatriot, CNRS.

L’Europe des guerres lointaines :

représentations et sensibilités, 1820-1930

Séminaire

Paris (75005). Salle Picard 1, escalier C, 3e étage, couloir droite, Université Paris-1, 17 place de la Sorbonne.

Contact : Hervé Mazurel, hmazurel [at] hotmail.com

Les « guerres lointaines » : on en parlait beaucoup dans l’Europe du 19e siècle. Elles avaient pour cadre les confins du continent, de la Grèce à la Crimée ; le Nouveau Monde des armées de Bolivar, des volontaires garibaldiens, de l’intervention française au Mexique ou de la guerre de Sécession ; l’immense Asie, depuis l’Afghanistan jusqu’à la Chine et à la guerre russo-japonaise ; l’Afrique mal connue, de l’expédition d’Alger à la guerre des Boers ; les mers du Sud, enfin, où un certain nombre de conflits accompagnèrent la désignation nouvelle de l’océan dit « Pacifique ». Ce séminaire se propose d’étudier, non pas exactement les guerres elles-mêmes, mais l’écho qu’elles eurent en Europe.

• Mercredi 11 janvier, de 16 h à 18 h : intervention de Reine-Claude Grondin, IUFM La Réunion, « L’écho des guerres coloniales en Limousin au 19e siècle ».

• Mercredi 25 janvier, de 16 h à 18 h : intervention de Clément Thibaud, Université de Nantes, « Campagnes et croisières dans l’Amérique méridionale : les indépendances hispano-américaines contées aux Européens. 1810-1850 ».

• Mercredi 8 février, de 16 h à 18 h : intervention de Stéphane Audoin-Rouzeau, EHESS, « 14-18 : une guerre lointaine ? ».

• Mercredi 22 février, de 16 h à 18 h : intervention de Walter Bruyère-Ostells, IEP Aix-en-Provence, « L’Or, le Verbe et le Sabre : les comités de soutien aux guerres lointaines (1821-1938) ».

• Mercredi 14 mars, de 16 h à 18 h : intervention de Manuel Charpy, CNRS, « Sauvageries urbaines. Exposition, commerce et consommation des objets de guerre dans le Paris du 19e siècle ».

• Mercredi 28 mars, de 16 h à 18 h : intervention de Olivier Cosson, revue Mil Neuf Cent, « Production et réception des nouvelles militaires autour de 1900 (Afrique du Sud, Mandchourie, Balkans) ».

Les ethnologues et

le fait colonial, 1920-1960

Séminaire

Paris (75006). Salle 1, EHESS, 105 Bd Raspail.

Contact : Christine Laurière, christine.lauriere [at] ehess.fr

Ce séminaire entend revenir de façon dépassionnée sur les rapports entre anthropologie et colonisation. Longtemps accusée d’être la fille du colonialisme, née « d’une ère de violence » (Lévi-Strauss), l’anthropologie des années 1960-1970 a vigoureusement battu sa coulpe et douloureusement pris conscience des relations complexes entre la constitution du savoir ethnographique et le pouvoir impérial. L’historiographie récente invite à étudier à nouveau frais cette question, en partant non pas des concepts, des théories, mais de situations particulières qui unissent un individu précis (l’ethnologue) à une situation contextualisée et des pratiques savantes. En somme, c’est à une anthropologie des savoirs ethnographiques en situation coloniale que ce séminaire souhaite apporter sa contribution.

• Jeudi 12 janvier, de 15 h à 17 h : intervention de Christine Laurière, EHESS, « La tristesse de l’ethnologue : Paul Rivet et la question coloniale (1936-1958). De l’engagement anticolonial au combat de trop ».

• Jeudi 26 janvier, de 15 h à 17 h : intervention de Daniel Fabre, EHESS, « Deux ethnologues dans la Kabylie en guerre : Jean Servier et Pierre Bourdieu ».

• Jeudi 9 février, de 15 h à 17 h : intervention d’Éric Jolly, CNRS, « Colonisations française et italienne : les engagements de Marcel Griaule, entre paternalisme colonial et anticolonialisme ».

• Jeudi 8 mars, de 15 h à 17 h : intervention d’André Mary, CNRS, « Le sociologue-ethnologue en situation : retour sur Afrique ambigüe de Georges Balandier ».

• Jeudi 22 mars, de 15 h à 17 h : intervention d’Emmanuel Terray, EHESS, « Balandier, la colonisation, l’histoire ».

Capitalisme et marchés,

18e-19e siècles

Séminaire

Paris (75005). Salle d’histoire, escalier D, 2e étage, École Normale Supérieure, 45 rue d’Ulm.

Contact : Pierre Gervais, pgervais [at] univ-paris8.fr

La question du développement du capitalisme et de la construction des marchés fait l’objet d’un actif renouvellement, grâce aux dialogues noués entre l’histoire et les autres sciences sociales (sociologie, droit, notamment). Le séminaire cherchera à comprendre autrement les transformations qui ont affecté les économies d’Ancien Régime et engagé de nouvelles formes de consommation, de commercialisation et d’industrialisation.

• Vendredi 13 janvier 2012, de 16 h 30 à 18 h 30 : intervention de Marguerite Martin, « Les marchés de l’indigo: intégration ou segmentation ? ».

• Vendredi 17 février 2012, de 16 h 30 à 18 h 30 : intervention d’Emmanuel Prunaux, « Les correspondants de la Banque de France, un service public des paiements régionaux ? ».

• Vendredi 9 mars 2012, de 16 h 30 à 18 h 30 : intervention de Dominique Margairaz, « Le financement des infrastructures de transport en France ».

• Vendredi 30 mars 2012, de 14 h à 16 h, horaires modifiés et dans une autre salle : intervention de William J. Ashworth, « The Board of Trade and Plantations: between economic expertise and colonial policy ».

Catastrophes, risques

et sciences sociales

Séminaire

Paris, 75006. Salle du conseil, 4e ét., Ceri, 56 rue Jacob.

Contact : Sandrine Revet, revet [at] ceri-sciences-po.org, Marc Élie, marc.elie77 [at] gmail.com, Frédéric Keck, keck.fred [at] gmail.com

Ce séminaire interdisciplinaire, organisé par l’EHESS/GSPM et SciencesPo/Ceri, interroge la question des risques et des catastrophes.

• Vendredi 13 janvier, de 10 h à 13 h : Eva Bertand, Ceri, « Mise à l’épreuve et mise en scène du pouvoir politique en Russie pendant les incendies de l’été 2010 », discutante, Sandrine Revet, Ceri.

• Vendredi 20 janvier, de 10 h à 13 h : Greg Bankoff, University of Hull, « Living with hazard: Disaster subcultures, disaster cultures and risk societies » (séance en anglais).

• Vendredi 27 janvier, de 10 h à 13 h : Mathias Thura, centre Maurice-Halbwachs, « Simulations de la guerre dans l’Armée de terre en France ».

• Vendredi 9 mars, de 10 h à 13 h : Patrick Zylberman, École des hautes études en santé publique, Rennes, « À propos de simulations dans l’exposition “Epidemik” », discutant Frédéric Keck, LAS.

• Vendredi 23 mars, de 10 h à 13 h, Salle de conférence : Sébastien Hardy, IRD-Prodig, « Dimensions spatiales de la gestion de situations de crise à La Paz et à Lima », discutant Claude Gilbert, Pacte.

Les fabriques impériales

de la modernité : l’épreuve des Indes

Séminaire

Paris, 75006. Salle du Conseil, 4e étage, Centre d’études et de recherches internationales (Ceri), 56 rue Jacob.

Contacts : Romain Bertrand, romain.bertrand [at] sciences-po.fr, et Stéphane Van Damme, stephane.van.damme [at] sciences-po.fr

Séminaire de recherche de 3e cycle, ouvert aux étudiants. Demande d’inscription requises.

Histoire culturelle, histoire comparée, histoire globale, histoire coloniale, histoire croisée ou histoire connectée… Depuis une dizaine d’années fleurissent des courants examinant à nouveaux frais le passé. Il s’agit ici d’en préciser les apports et les limites respectives dans les situations de premier contact entre les empires coloniaux et les sociétés concernées, au principe de la fabrique du Grand Partage entre « l’Occident et le reste ».

• Lundi 16 janvier, de 10 h à 13 h : séance organisée conjointement avec Antoine Lilti, EHESS, « Voyages transatlantiques des pensées raciales », intervention de Jean-Paul Zuniga, EHESS, « Culture visuelle et savoirs coloniaux dans les mondes atlantiques : la peinture des “castes” en Nouvelle Espagne au 18e siècle ».

• Lundi 6 février, de 10 h à 13 h, Paris (75013). Salle 184, UFR GHSS, Tour Montréal, Dalle des Olympiades, Université Denis-Diderot–Paris-7, 59 rue Nationale : séance mutualisée avec le séminaire « Pratiques du voyage et constructions savantes du monde (16e-20e siècles) », dirigé par Marie-Noëlle Bourguet, Paris-7, et Isabelle Surun, Lille-3, interventions de Nick Dew, Université McGill, Montréal, « L’Orientalisme dans la France de Louis XIV », et de Laura Hostetler, University of Illinois, Chicago, « Cartography and the margins of empire: Mapping Qing China as an Early Modern enterprise », discutante Jessica Riskin, Stanford University.

• Lundi 5 mars, de 10 h à 13 h : séance mutualisée avec le séminaire « Pratiques du voyage et constructions savantes du monde (16e-20e siècles) », interventions de Miruna Achim, Universidad Autonoma Metropolitana, Mexico, « From rustics to savants: The uses of native knowledge in the Mexican Enlightenment », et de Scott L. Pratt, University of Oregon, « Lessons in place: Indigenous philosophies and North American thought in the nineteenth century », discutante Catharina Guenzi, EHESS.

Histoire transnationale

des pensées raciales, 18e-20e siècles

Séminaire

Paris (75016). New York University, 56 rue de Passy.

Contact : Carole Reynaud-Paligot, c.reynaud-paligot [at] orange.fr

Le discours scientifique autour de la notion de race, qui émerge dans la seconde moitié du 18e siècle, s’est développé au siècle suivant. Il a donné lieu, au 20e siècle, aux dramatiques usages politiques que l’on connaît. À l’ère contemporain de la globalisation ces discours s’avèrent résilients, occupant des brèches ouvertes par les brassages, déplacements, et transformations radicales du monde actuel. C’est dans une perspective de longue durée mais aussi dans un cadre transnational que son étude nous semble devoir être entreprise.

• Lundi 16 janvier 2012, de 17 h à 19 h : intervention d’Alice Conklin, Université d’Ohio, « Race as social myth: The emergence of scientific anti-racism in post-Vichy France ».

• Lundi 6 février, de 17 h à 19 h : intervention de Loïc Wacquant, Université de Berkeley, « Pratiques et politiques de racialisation sur les deux rives de l’Atlantique ».

• Lundi 5 mars, de 17 h à 19 h : intervention d’Andrew Curran, Université de Weysland, « Buffon et l’histoire naturelle des Africains ».

Les sciences sociales

face au global

Séminaire

Nanterre (92000). Bât. T, salle 237, Université Paris Ouest Nanterre, 200 av. de la République.

Contacts : Axel Barenboim, axel.barenboim [at] gmail.com, Stéphane Dufoix, stephane.dufoix [at] wanadoo.fr, Adèle Momméja, adele.mommeja [at] gmail.com

Ce séminaire s’intéresse cette année à la période contemporaine, que l’on considère souvent comme étant « l’ère du global », de la mondialisation et de la globalisation.

• Mardi 17 janvier 2012, de 17 h à 19 h : intervention de Dana Diminescu, FMSH, « E-diasporas. Introduction épistémologique et méthodes de recherche ».

• Mardi 27 mars 2012, de 17 h à 19 h : intervention de Jonathan Friedman, EHESS, « Remettre la mondialisation à sa juste place ».

Pratiques du voyage et

constructions savantes du monde,

16e-20e siècles

Séminaire

Paris (75013). Salle 184, UFR GHSS, Tour Montréal, Dalle des Olympiades, Université Denis-Diderot–Paris-7, 59 rue Nationale.

Contact : Marie-Noëlle Bourguet, mn.bourguet [at] univ-paris-diderot.fr

Le séminaire est ouvert aux étudiants de master, aux doctorants, aux chercheurs intéressés. Les 2 séances ci-après sont mutualisées avec le séminaire « L’épreuve des Indes. Les fabriques impériales de la modernité », animé par Romain Bertrand et Stéphane Van Damme à SciencesPo.

• Lundi 6 février 2012, de 10 h à 13 h : autour du thème « Orientalismes et Occidentalismes », intervention de Nick Dew, Université McGill, Montréal, « Orientalisme sous le règne de Louis XIV », et de Laura Hostetler, University of Illinois, Chicago, « Cartography and the margins of empire: Mapping Qing China as an Early Modern enterprise », discutante Jessica Riskin, Stanford University.

• Lundi 5 mars 2012, de 10 à 13 h, à Paris (75006). Salle du Conseil, 4e étage, Ceri/SciencesPo, 56 rue Jacob : interventions autour des « Savoirs indigènes » de Miruna Achim, Universidad Autonoma Metropolitana, Mexico, « From rustics to savants: The uses of native knowledge in the Mexican enlightenment », et de Scott L. Pratt, University of Oregon, « Lessons in place: Indigenous philosophies and North American thought in the nineteenth century », discutante Catharina Guenzi, EHESS.

• Lundi 19 mars 2012, de 10 h à 13 h : intervention de Charlotte de Castelnau-L’Estoile, Paris-10, et d’Aliocha Maldavsky, Paris-10, « Missions religieuses et circulation de savoirs (16e-18e siècles) ».

Théories du droit global

Séminaire

Bruxelles (1050, Belgique). Auditoire R42.5.50342, avenue F.D. Roosevelt.

Contact : Sylvie Riche, Sylvie.Riche [at] ulb.ac.be

Ce séminaire vise à dresser le panorama des approches théoriques contemporaines qui cherchent à mettre en évidence la formation actuelle d’un droit aux dimensions du monde..

• Mardi 7 février 2012, de 16 h à 18 h : intervention de Benoît Frydman, « Comment penser le droit global ».

• Mardi 14 février 2012, de 16 h à 18 h : intervention de Thomas Hochmann, « Le constitutionnalisme global ».

• Mardi 21 février 2012, de 16 h à 18 h : intervention de Ludovic Hennebel, « Le droit administratif global ».

• Mardi 28 février 2012, de 16 h à 18 h : intervention d’Arnaud Van Waeyenberge, « Le pluralisme ordonné ».

• Mardi 6 mars 2012, de 16 h à 18 h : intervention de Gregory Lewkowicz, « Les théories systémiques ».

• Mardi 13 mars 2012, de 16 h à 18 h : intervention de David Restrepo Amariles, « Les théories du Sud ».

• Mardi 20 mars 2012, de 16 h à 18 h : intervention de Delphine Dogot, « Les théories critiques ».

• Mardi 27 mars 2012, de 16 h à 18 h : intervention de Benoît Frydman, « Cartographie des théories du droit global ».

Empires. Histoire des colonisations

Séminaire

Paris (75005). Salle de réunion de l’IHMC, École Normale Supérieure, 45 rue d’Ulm.

Contact : Emmanuelle Sibeud, esibeud [at] gmail.com

Ce séminaire entend être un lieu de réflexion collective et de débat autour des objets, des concepts et des démarches qui renouvellent et élargissent actuellement les perspectives de recherche. Après avoir pris pour sujet les circulations, qui sont une des manifestations concrètes des empires, nous avons engagé la réflexion sur la notion d’empire, à la fois centrale et polysémique.

• Lundi 13 février 2012, de 18 h à 20 h : intervention de Pascale Barthélémy, ENS Lyon, « Genre et citoyenneté en AOF (années 40 – années 60) ».

• Lundi 12 mars 2012, de 18 h à 20 h : intervention de Marc Aymes, CNRS, EHESS, « Les Ottomans : fausseurs d’empire ? ».

Comment faire de l’histoire globale hors connexion

À propos de l’ouvrage de Rosenthal et Wong, Before and Beyond Divergence: The Politics of Economic Change in China and Europe, Harvard University Press, 2011.

Voici un livre important, paru seulement en anglais pour l’instant, et promis sans doute à un statut de référence dans son champ de l’histoire économique globale. Ses auteurs ne sont pas des inconnus : Jean-Laurent Rosenthal est un spécialiste de longue date de l’histoire économique française, de ses marchés du crédit et des politiques économiques d’ancien régime ; Roy Bin Wong est sans doute l’un des meilleurs connaisseurs de l’histoire économique chinoise en Occident, auteur en 1997 d’un China transformed devenu incontournable. Leur collaboration est fructueuse : ce livre constitue une véritable analyse économique comparée des croissances chinoise et européenne sur la longue durée, un exemple particulièrement réussi de la méthode comparatiste en histoire globale. De fait, cette discipline est souvent présentée comme relevant soit d’une méthode « connexionniste » (c’est à travers les contacts commerciaux, financiers, culturels et autres que l’on pourrait expliquer un changement social différencié entre régions du globe, comme le propose, entre autres, l’analyse des systèmes-monde), soit d’une méthode « comparatiste » qui révèle, entre régions, des différences de trajectoire, des bifurcations asymétriques, la présence ou l’absence de certains facteurs cruciaux, bref des clés susceptibles d’expliquer des évolutions contrastées. Ici, nous sommes en présence d’une analyse purement comparatiste, longuement mûrie et qui interroge indirectement la littérature consacrée aux évolutions économiques de l’Extrême-Orient et de l’Extrême-Occident, notamment l’ouvrage clé de Kenneth Pomeranz, Une grande divergence, auquel le titre de ce livre fait clairement allusion.

Qu’on ne s’y trompe pas ! Il s’agit là d’un ouvrage difficile combinant érudition historienne et capacité à modéliser économiquement des situations déjà maintes fois analysées, comme le choix d’une régulation formelle ou informelle des marchés, la décision de localisation des activités « industrielles » ou encore les effets différenciés de la concurrence politique entre États. Sa lecture n’est donc pas de tout repos, même s’il faut féliciter les auteurs pour la clarté de leur présentation, les reprises synthétiques à la fin de chaque chapitre, la relative simplicité de la plupart des modèles mathématiques mobilisés (du reste toujours expliqués de façon littéraire en parallèle). Il ne s’agit donc pas de décourager ici l’amateur d’histoire globale qui ne serait ni sinologue, ni économiste : il pourra certainement tirer beaucoup d’enseignements de cette lecture, pour peu qu’il y consacre le temps nécessaire.

Dans ses grandes masses, l’ouvrage est d’abord un plaidoyer pour une révision radicale des idées standard quant à une supposée infériorité économique chinoise sur la longue durée. Et les auteurs de rappeler que la Chine a bien contrôlé préventivement sa population, tout comme l’Europe,  et assuré sur le long terme une ration alimentaire par tête au moins stable, voire croissante en de nombreuses régions, contrairement au dogme malthusien. De même ils récusent l’idée que l’économie chinoise aurait été handicapée par des structures productives relevant de la famille élargie ou du lignage : si ces structures ont diminué le poids du marché formel du travail et contribué à une certaine faiblesse du salaire réel, ce n’est pas au détriment de la croissance, bien au contraire. En matière commerciale, ils démontrent que la Chine a utilisé des régulations informelles des transactions quand celles-si s’imposaient logiquement (sur longue distance et/ou pour des échanges de forte fréquence) mais aussi pratiqué les régulations formelles (cours de justice et police) quand ces dernières étaient réalistes. Seule une différence dans l’étendue des spectres d’application de ces méthodes pourrait distinguer l’Europe de la Chine, mais en aucun cas on ne saurait invoquer de culture de l’informel comme l’ont fait trop d’analystes. Dès lors, les auteurs ont beau jeu de montrer que la croissance chinoise a pu se passer des structures occidentales de crédit, dans le cadre de son développement historique jusqu’au 19e siècle, du fait que sa croissance peu capitalistique requérait moins de financement qu’en Europe et que ses structures lignagères y étaient parfaitement adaptées. Le dernier mythe, celui d’une Chine despotique et taxant outrageusement sa population, ne résiste pas non plus à l’analyse : le taux de taxation chinois était, vers 1780, sans doute inférieur à 7 % du produit, soit moins que la totalité des États européens aux prises avec des dépenses militaires invraisemblables et récurrentes. Et malgré cela, l’empire fournissait une quantité de biens publics sans doute plus importante qu’en Europe. L’ouvrage est donc d’abord un très utile pourfendeur d’idées reçues eurocentriques. Mais sur ces bases, il propose aussi une explication originale, à la fois des raisons d’une première avance chinoise, puis du basculement en faveur de l’Europe.

Rosenthal et Wong constatent une différence fondamentale entre Chine et Europe : l’une a presque toujours connu un empire unifié, entre -221 et 1911, l’autre est restée morcelée et victime d’une concurrence féroce entre États rivaux, presque de façon continue, depuis le 5e siècle et la chute de l’Empire romain. S’ils tentent, dans leur premier chapitre, d’analyser pourquoi un pouvoir unique n’a jamais pu se reconstituer en Europe d’une part, pourquoi la Chine a toujours surmonté les affres de la division (sauf sur une longue période entre 220 et 581) d’autre part, l’essentiel de leur apport n’est pas là. Contrairement à des auteurs qui voient dans la division politique de l’Europe la source d’une saine concurrence, d’un recours obligé à l’innovation institutionnelle ou technique, Rosenthal et Wong font remarquer que cette division a d’abord engendré des guerres récurrentes sur notre « bout de continent ». Or la guerre a surtout un coût : en détruisant les structures de production, en gênant les activités commerciales, elle limite incontestablement le revenu ; en détournant une partie de ce revenu vers l’impôt, en obligeant la construction d’un appareil politico-militaire parasite, elle affaiblit en retour ce même revenu. Plus important encore, la guerre pousserait à regrouper l’essentiel des activités industrielles derrière les remparts des villes, tout au long de l’histoire européenne, afin de protéger le capital productif des invasions récurrentes ou de la simple menace de telles incursions. Dans ces conditions, la ville verrait se développer des activités artisanales et « industrielles » à forte intensité capitalistique (cette intensité se définissant comme le rapport entre quantité de capital et quantité de travail dans un processus productif donné), c’est-à-dire employant plutôt beaucoup de capital et peu de travail. Et c’est là que naîtrait un atout fondamental, quoique fortuit, de l’Europe : en privilégiant les activités capitalistiques, la ville européenne serait poussée à perfectionner ensuite ce capital, à innover techniquement, permettant de ce fait un accroissement de la productivité du travail, donc la possibilité de salaires réels croissants. Inversement la Chine, unifiée et sensiblement plus pacifiée que l’Europe, aurait maintenu ses activités productives non agricoles en milieu rural et les aurait alors fondées sur une plus forte intensité en travail. On voit ici se dessiner un mode d’explication, à la fois du retard de l’Europe sur la Chine (au moins jusqu’au 17e siècle) et de son essor triomphant par la suite… Tant que l’effet des guerres intra-européennes serait surtout destructeur sur l’activité artisanale et industrielle (la suppression quantitative des activités existantes n’étant pas compensée par leur amélioration qualitative), la Chine maintiendrait son avance notable grâce à ses activités intensives en travail et rurales. Mais progressivement l’amélioration qualitative des processus de production européens, et urbains, finirait par porter ses fruits et propulser l’ensemble de l’Europe dans ce qui est improprement appelé la révolution industrielle, notamment après que les guerres de la période mercantiliste aient trouvé une conclusion provisoire avec la domination britannique, vers le milieu du 18e siècle.

C’est là le cœur de leur thèse. Les deux auteurs n’hésitent pas pour l’étayer à recourir aux raisonnements traditionnels de la microéconomie. Ils montrent ainsi que, si on prend comme donné le fait, supposé universellement valable, qu’à la campagne les salaires sont moins élevés qu’à la ville alors que le coût du capital est plus faible en milieu urbain qu’en milieu rural, les activités intensives en capital vont plutôt élire domicile en ville, les activités intensives en travail résidant davantage en campagne. Un calcul simple montre alors qu’il existe une intensité capitalistique cruciale, k, telle que, au-dessus les activités éliront rationnellement domicile en ville. En supposant que cette valeur cruciale, k, soit la même en Chine qu’en Europe, disons vers l’an 500, la densité des guerres européennes, en rehaussant brutalement le coût du capital en milieu rural non protégé, va ensuite faire diminuer cette valeur de seuil, k. Résultat de ce mouvement, des activités moyennement capitalistiques, qui resteraient normalement en milieu rural, vont rejoindre l’espace urbain en Europe et s’y trouveront dynamisées par un double mouvement de substitution du capital au travail (ce dernier y étant relativement plus cher) puis d’innovation technique… On tiendrait là une explication possible et du retard préalable de l’Europe sous l’effet de guerres essentiellement destructrices, puis de son essor ultérieur grâce à la dynamisation urbaine d’une multitude d’activités à l’origine moyennement capitalistiques.

Beaucoup de discussions techniques peuvent sans doute être menées quant à la pertinence intrinsèque de ce type de modèle. Par exemple, la forte demande de capital en ville, inhérente à ce mouvement, ne va-t-elle pas en rehausser rapidement le prix, bloquant donc à court terme ce processus vertueux, sauf à ce que l’offre suive ? Peut-on raisonner en termes de capital contre travail quand il s’agit d’activités précédant l’industrialisation du 19e siècle, donc des activités relativement peu, voire très peu, capitalistiques et donc peu distinguables suivant ce critère ? Que faire dans ce raisonnement du putting-out system (trop rapidement traité dans ce livre) et qui semble avoir été plus une norme en Europe qu’un mouvement paradoxal ? Plus généralement, si l’on se réfère à d’autres modélisations présentes dans ce livre, on reste parfois frustré par l’arbitraire de certaines hypothèses : cas notamment du tout premier modèle où l’équiprobabilité des quatre configurations n’est pas justifiée. Sans oublier ce fait malheureux que beaucoup trop de coquilles dans les raisonnements modélisés en gênent considérablement la lecture (inégalités inversées dans le dernier paragraphe p. 53, erreurs dans les deux dernières lignes du tableau p. 78, coquilles encore sur le modèle p. 108) : on attendrait mieux de Harvard University Press… En revanche, la typologie proposée dans l’ouvrage pour montrer ce qui détermine le choix de pratiques informelles ou formelles de contrôle des marchés (pp. 72-80) restera sans doute un modèle du genre.

Au-delà de la séduction exercée par la thèse proposée, il faut cependant s’interroger sur le fait que les calculs rationnels imputés aux acteurs sont ici supposés universels. Le fait que ces calculs soient largement encastrés dans un ordre social spécifique n’est pas évoqué dans l’ouvrage. En clair, même si un calcul de rentabilité a du sens en droit, en a-t-il aussi en fait, et de la même façon dans deux sociétés aussi éloignées ? De même, les marchés (de biens mais surtout de facteurs, terre et travail) sont pris dans leur acception contemporaine. Les auteurs n’abordent pas vraiment la genèse historique, éventuellement différenciée, de ces marchés alors qu’on sait, depuis Polanyi, que marchandiser la terre ou le travail des hommes est tout sauf naturel, encore moins universel. On aimerait ici que l’épaisseur sociologique de ces marchés soit restituée afin de ne pas tomber dans ce qui peut ressembler à un certain économicisme.

Un dernier regret. Les auteurs préviennent d’emblée qu’ils ne retiendront pas l’hypothèse connexionniste dans l’explication des évolutions croisées de la Chine et de l’Europe. Cela peut être un choix méthodologique. Mais dans ce cas ils se privent évidemment d’une confrontation avec les approches en termes de systèmes-monde ou avec les thèses à la Pomeranz. Ils en sont réduits à développer parallèlement leur explication, sur la base des seuls déterminants internes de la croissance, européens d’un côté, chinois de l’autre. Ils fournissent simplement une démarche alternative mais sont dans l’incapacité de prouver que leur explication est supérieure à celle des connexionnistes. C’est d’autant plus regrettable qu’ils ont le plus souvent expliqué pourquoi ils ne considéraient pas pertinentes les approches malthusiennes, culturalistes, en termes de bonnes politiques économiques ou autres… Et que leur thèse est certainement articulable à celle d’un Pomeranz, voire très complémentaire…  L’histoire globale serait-elle donc condamnée à demeurer dans une stricte dichotomie des méthodes ?

Ces remarques pourront paraître sévères mais les travaux novateurs suscitent toujours la polémique et c’est aussi ce qui fait leur force. Par l’effort théorique réalisé, l’honnêteté du travail empirique et la clarté du propos, Before and Beyond Divergence entre clairement dans cette catégorie.

La guerre globale enseigne la cartographie globale

Logo

Disons le d’emblée, l’objet de l’étude du jour a un statut un peu particulier car il servira désormais de logo à cette « histoire globale par les sources » entamée depuis le mois de septembre dernier. Il s’agit d’une carte, ou plus exactement d’un ensemble de cartes assemblées en un globe, un globe plat et dépliable : un fold-O-globe.

Le brevet en a été déposé en 1942 par Gerald A. Eddy, cartographe connu pour ses représentations panoramiques (par exemple de Los Angeles). Selon son concepteur, l’objet est révolutionnaire :

« ‘Rond comme la Terre elle-même’, ce fold-O-globe représente la première invention importante en 474 ans : une projection cartographique en continu conçue de manière à montrer en un seul coup d’œil les pays et les villes les plus importants dans le Monde et les véritables relations entre les continents. »

Figure 1. Le dépliement virtuel du globe

Le dépliement virtuel du globe

Même s’il est permis de douter du caractère résolument nouveau de ce type d’objet (cf. par exemple sur le site de la David Rumsey Maps Collection un globe pliable britannique de 1852), le fold-O-globe n’en demeure pas moins intéressant par ce qu’il révèle d’un phénomène majeur qui se produit aux États-Unis dans le courant de la Seconde Guerre mondiale et qu’on pourrait qualifier d’invention de la globalité.

L’entrée en guerre des États-Unis après deux décennies de relatif isolationnisme a provoqué une réelle rupture dans la vision états-unienne du Monde. Ceci se manifeste par un véritable engouement pour la question cartographique, dont le fold-O-globe n’est qu’un témoin assez marginal. Le rôle majeur a été tenu par Richard Edes Harrison, dont les illustrations cartographiques peu conventionnelles ont frappé l’imagination de ses concitoyens (Schulten, 1998). Harrison n’était ni géographe ni cartographe de formation, mais architecte ; le hasard l’a conduit à participer à l’illustration du magazine Fortune à partir de 1940. Optant pour une représentation non orthodoxe, il dessinait des cartes des différentes régions du conflit à partir de vues du globe « de l’espace ». Certaines ont été rééditées dans un atlas avant même la fin du conflit (Harrison, 1944), mais c’est surtout la carte qu’il a réalisée en juillet 1941 qui a marqué un tournant, quelques mois avant l’attaque aérienne sur Pearl Harbor et l’entrée en guerre des États-Unis.

Figure 2. The World divided (Harrison, Fortune Magazine, août 1941)

Harrison 1941

Le monde est vu selon une projection azimutale équidistante centrée sur le pôle Nord, ce qui permet d’embrasser le globe, et donc la guerre, d’un seul coup d’œil. L’idée n’est pas en soi particulièrement nouvelle puisque la première de la sorte est celle de Guillaume Postel au 17e siècle, mais son utilisation dans le contexte de la guerre mondiale a eu un impact très fort et dès mars 1942, Harrison réédita une carte de ce type, actualisée.

Figure 3. One World, One War (Harrison, Fortune Magazine, mars 1942)

Harrison 1942

En marge de la carte, on peut lire une des premières utilisations de l’expression « global war ». Celle-ci souligne le caractère différent de ce conflit par rapport au précédent. Alors que la Première Guerre mondiale fut qualifiée dès 1915 de « world war », la seconde commença à partir de 1942 à être qualifiée de « global war ». Un échelon supplémentaire dans l’extension de la guerre semblait avoir été franchi, en particulier du point de vue américain puisque les États-Unis, à partir de 1942, furent engagés sur les deux fronts, de part et d’autre du globe. Le terme de « globalization » semble ainsi avoir été inventé en 1943/1944 dans le cadre de la réflexion qui entoure les conférences de Moscou et de Téhéran de la fin de l’année 1943, où la décision fut prise de créer une organisation internationale des Nations unies (Capdepuy, 2011b).

La guerre a fait naître un besoin subit de mieux connaître le monde. C’est à peu près en ces termes que l’idée est exprimée en titre d’un article de Life du 3 août 1942.

Figure 4. Global war teaches global cartography (Life, 3 août 1942)

Life 1942

Ce besoin de voir le monde est général. Au cours de l’année 1942, sur une suggestion du général Dwight Eisenhower, George Marshall, chef d’état major de l’armée et conseiller de Roosevelt, fit construire deux globes de cinquante pouces (1 mètre 27) pour les offrir l’un à Roosevelt, l’autre à Churchill, à l’occasion de Noël. Il devait les aider à suivre les opérations militaires qui se déroulaient aux quatre coins du monde. À en croire Khrouchtchev, à la même époque, Staline aurait également eu à sa disposition un très grand globe sur lequel il décidait de la stratégie soviétique. Quant au fold-O-globe, il n’est finalement que la version populaire et portative de ces globes.

Figure 5. Le « globe du Président » dans le bureau de Franklin D. Roosevelt à la Maison Blanche (Life, 1943)

President's Globe

En 1942, Wendell Willkie, l’ancien candidat républicain aux élections présidentielles de 1940, désormais rallié à Franklin D. Roosevelt, fut chargé en tant que représentant spécial du président américain de faire un tour du monde en avion pour rencontrer quelques-uns des principaux alliés des États-Unis. Il réalisa son périple en quarante-neuf jours, du 26 août au 14 octobre 1942 :

« Si j’avais eu quelques doutes sur le fait que le monde était devenu petit et complètement interdépendant, ce voyage les aurait complètement dissipés. »[1]

De retour aux États-Unis, Willkie publia un livre dans lequel il reprit un certain nombre de ses observations et de ses réflexions. L’ensemble se présente comme un chapelet de considérations régionales sur El Alamein, le Moyen-Orient, la Turquie, l’URSS, la Chine et in fine sur les États-Unis, leur place dans le monde, leur rôle dans la guerre et celui qu’ils devraient avoir dans l’après-guerre. Car l’essentiel de l’ouvrage est là, dans l’affirmation de l’engagement des États-Unis en faveur de la liberté politique et économique d’un monde désormais uni, Willkie reconnaissant l’importance de l’idéal wilsonien et incidemment l’erreur du choix isolationniste commise par les républicains à la fin de la Première Guerre mondiale. Une phrase en résume peut-être l’esprit général :

« Notre pensée à l’avenir doit être à l’échelle du monde [world-wide]. »[2]

Cependant, l’implication militaire des États-Unis à la fois en Asie et en Europe n’est pas le seul facteur permettant d’expliquer l’élaboration de cette nouvelle vision du Monde et la fin de l’isolationnisme états-unien. Certes, la guerre a été le révélateur du besoin de mieux connaître ce Monde, un espace dont les parties sont désormais interdépendantes et où les États-Unis ne peuvent plus se considérer comme une île. C’est ce qu’écrivait Wendell Willkie en 1943 :

« Aujourd’hui, à cause des diverses censures, militaires et autres, l’Amérique est comme une cité assiégée qui vit entre de hautes murailles au travers desquelles ne passe qu’occasionnellement un courrier pour nous dire ce qui se passe à l’extérieur. J’ai été hors de ces murs. Et j’ai découvert que rien à l’extérieur n’est exactement comme il le semble à ceux qui sont à l’intérieur. »[3]

Mais c’est sans doute l’avion qui fut le principal facteur de cette prise de conscience du rétrécissement du globe :

« Quand je dis que la paix doit être planifiée sur une base mondiale, j’entends littéralement qu’elle doit embrasser la terre. Continents et océans ne forment pleinement que des parties d’un tout, vues, comme je les ai vues, des airs. »[4]

La carte mise au revers de la couverture est là pour l’illustrer.

Figure 6. Le trajet de Wendell Willkie à bord du Gulliver (One World, 1943)

Flight of the Gulliver

C’est en effet tout autant la guerre que le développement de l’aviation qui est à l’origine de cette nouvelle vision du monde. L’usage commercial de l’avion remonte à l’après-guerre. Sa nouveauté est signalée dès 1925 par le géographe René Crozet dans un article des Annales de géographie :

« L’avion, engin d’expérience et de sport avant la guerre, instrument de combat pendant les hostilités, tend, depuis 1918, à devenir un moyen de transport. Le dernier venu et le plus rapide des engins créés par l’homme pour diminuer les distances ouvre à l’humanité le domaine illimité de l’atmosphère. Au-dessus de la route, du rail et du navire, l’avion commence à prendre rang parmi les moyens modernes de circulation. »[5]

En juin 1936, le journaliste américain John E. Lodge célèbre la traversée transatlantique entre Francfort et Lakehurst par le zeppelin Von Hindenburg au mois de mai, quelque temps après la mise en place de la traversée transpacifique entre San Francisco et Manille par l’hydravion China Clipper en novembre 1935 :

« Le Phileas Fogg de 1936 peut acheter ses tickets à l’avance et peut accomplir un tour du monde par les airs en tout confort. »[6]

A partir de 1942, on constate aux États-Unis une multiplication des atlas et des ouvrages qui ne sont pas reliés directement au conflit mondial, mais bien au développement de l’aviation. Les titres et les couvertures sont explicites : Toward New Frontiers of Our Global World (Engelhardt 1943), Our Global World: A Brief Geography for the Air Age (Hankins 1944), Atlas of Global Geography (Raisz 1944), Our Air-Age World: A Textbook in Global Geography (Packard et al. 1944).

Figure 7. Our Global World: A Brief Geography for the Air Age (Hankins, 1944)

Our Global World

Un événement mérite également d’être mentionné : en juillet 1943, une exposition s’ouvrit au Museum of Modern Art de New York, elle était intitulée « Airways to Peace ». Son but était de montrer les facteurs au fondement de la géographie de l’« ère aérienne » (air-age geography) et en quoi la compréhension de ceux-ci était indispensable à la victoire. Le texte de l’exposition fut rédigé par Wendell Willkie et le conseiller cartographique était Richard E. Harrison. Parmi les cartes, photographies et autres objets exposés, on trouvait le fameux « globe du Président », qui avait été momentanément prêté.

Vue des États-Unis, la Seconde Guerre mondiale a été globale et ne pouvait se comprendre que grâce à une nouvelle cartographie, globale.

1) Ce rétrécissement du monde est pourtant d’abord analysé comme étant le résultat du développement de l’aviation, ce que montre bien une vidéo éducative de 1946, Our Shrinking World. La guerre mondiale n’est que la conséquence de la globalization, non la cause.

2) Cette nouvelle cartographie a directement inspiré le drapeau dessiné pour l’Onu à partir du badge créé pour la conférence de San Francisco (Capdepuy, 2011a). Mais cette influence s’est rapidement dissipée. Le poids des traditions l’a emporté.

3) Toutefois, la vision globale développée aux États-Unis durant la guerre a perduré après 1945. Elle a été au fondement de la guerre froide, qui a été une guerre pour le globe.


Bibliographie

Capdepuy V., 2011a, « Le Monde de l’Onu. Réflexions sur une carte-drapeau », M@ppemonde, n° 102.

Capdepuy V., 2011b, « Au prisme des mots. La mondialisation et l’argument philologique », Cybergeo, document 576.

Crozet R., 1925, « L’aviation marchande », Annales de géographie, vol. 34, n° 187, pp. 1-12.

Deffontaines P., 1939, « Nouvelles visions de la terre par l’avion », La Revue des deux-mondes, vol. 109, pp. 430-439.

Engelhardt N.L., 1943, Toward New Frontiers of Our Global World, New York, Noble and Noble.

Hankins G.C., 1944, Our Global World: A Brief Geography for the Air Age, New York, The Gregg Publishing Company.

Harrison R.E., 1944, Look to the World: The Fortune Atlas for World Strategy, New York, Alfred A. Knof.

Lodge J.E., 1936, « Now You Can Fly Around the World », Popular Science Monthly, vol. 128, n° 6, pp. 34-36 + p. 119.

Packard L.O, Overton B., Wood B.D., 1944, Our Air-Age World: A Textbook in Global Geography, New York, The Macmillan Company.

Raisz E., 1944, Atlas of the Global Geography, New York, Global Press Corporation.

Willkie W.L., 1943, One World, New York, Simon and Schuster.


[1] Wendell L. Willkie, One World, New York, 1943, p. 1.

[2] Wendell L. Willkie, op. cit., p. 2.

[3] Wendell L. Willkie, op. cit., p. ix.

[4] Wendell L. Willkie, op. cit., p. 203.

[5] René Crozet, « L’aviation marchande », Annales de géographie, volume 34, n° 187, p. 1.

[6] John E. Lodge, 1936, « Now You Can Fly Around the World », Popular Science Monthly, vol. 128, n° 6, p. 119.

L’œuf de Colomb se cuisait-il à la coque ?

« Au Moyen Âge, les gens croyaient que la Terre était plate… » Quelles bêtises n’a-t-on dites sur le contexte des Grandes Découvertes, ces expéditions maritimes qui ouvrirent à partir du 16e siècle les horizons européens au monde ? Les copies des travaux des géographes grecs, circulant dans l’Europe médiévale, attestent qu’au minimum les élites savaient que la Terre ne ressemblait pas à une galette – un postulat qui n’apparaît d’ailleurs pas, à rebours des clichés, dans la Bible.

Démâtant 20 autres idées reçues du même tonneau, voici un petit livre très accessible qui fait œuvre utile. Bien sûr, les spécialistes n’y apprendront rien. Ils ont déjà lu ailleurs que l’école de Sagres, aréopage de savants planifiant les explorations sous l’égide d’Henri le Navigateur, est un mythe national portugais ; ils savent que le téléfilm La Controverse de Valladolid est une fiction basée sur la libre reconstitution d’un événement historique ; et ils sont convaincus de ce que Christophe Colomb n’avait pas pour obsession d’écraser des œufs sur les tables pour convaincre la galerie, que Hernán Cortés n’était pas fou au point de brûler ses navires (il les a démantelés), et enfin que Fernand de Magellan n’a pas réalisé le premier tour du monde – pour cause de décès impromptu à mi-parcours.

Mais comme chacun sait, ça va toujours mieux en le disant, et en y ajoutant des compléments d’information. Ainsi apprend-on que Magellan n’avait même pas l’intention d’accomplir l’exploit qui sera réalisé par son second, Juan Sebastián Elcano, puisque ses instructions étaient de reconnaître la moitié du monde dévolue à l’Espagne par le traité de Tordesillas, qui divisait le globe en deux demi-sphères, une lusitanienne et une hispanique. En aucun cas ne devait-il pénétrer dans le domaine portugais, ce qui lui barrait le chemin par les côtes de l’Inde et de l’Afrique. Les circonstances étant ce qu’elles étaient, Elcano jugea plus sûr de rentrer par la route la mieux connue, celle des Portugais. Cette première circumnavigation ne résulta que du hasard.

Ajoutons que les mythes ont une merveilleuse coutume, celle de se reproduire par scissiparité. Dans le sillage du folklore magellanien – « il a prouvé que la Terre était ronde » – a jailli une autre légende, très séduisante, celle de Henrique, un esclave de Magellan dont on sait qu’il est né à Sumatra, qui se révéla selon Antonio Pigafetta (chroniqueur de cette première circumnavigation) capable de communiquer avec les Philippins – probablement en malais, alors lingua franca de l’Asie maritime. Il n’en fallait pas plus pour que des romanciers, et même des historiens, le présentent comme le vainqueur très involontaire de la course à l’exploit circumterrestre. « Comme le reproche d’européocentrisme pèse sur tout sujet concernant l’histoire des découvertes, la perspective d’un indigène ayant réalisé le premier tour du monde est des mieux venues », soulignent Michel Chandeigne et Jean-Paul Duviols. Et ils rajoutent un concluant « mais les sources sont têtues ».

Le livre s’organise en quatre parties, composées comme il est d’usage dans la collection « Idées reçues » qui fait le succès de cet éditeur, de chapitres dont les titres exposent crûment les stéréotypes. Le plan retenu, ce sera la première critique, limite le propos à Colomb (chapitre 2) et à Magellan (c. 4), et symétriquement aux navigateurs portugais (c. 1) et aux conquêtes espagnoles (c. 3). Il n’y aura donc rien, absolument rien sur Abel Tasman, Jacques Cartier (ah si, 2-3 mentions) ou Willem Barentzs, la « découverte » de l’Australie ou les pérégrinations de James Cook. Peut-être n’existe-t-il sur tout ça aucune idée reçue ?, mais plus probablement les auteurs rêvent-ils de s’embarquer dans un second tome, et ont-ils en conséquence stocké des biscuits. Deuxième critique, une petite erreur factuelle, les auteurs s’obstinent à qualifier Isabelle Ire de Castille et  Ferdinand II d’Aragon de « rois catholiques » avant 1496, date à laquelle le pape Alexandre VI leur décerne officiellement ce titre – mais l’erreur est tellement partagée qu’on leur pardonnera volontiers cette petite anicroche à leur parti-pris de traque des préjugés.

Troisième critique, on regrettera enfin que le chapitre attendu consacré à la reine des idées fausses dans le royaume des Grandes Découvertes, j’ai nommé sa Majesté « Colomb a découvert l’Amérique », se compose de passages détaillés pour rappeler que les Vikings se sont offert une excursion attestée dans le Nouveau Monde vers l’an mil, et que des auteurs ont fantasmé sur de potentiels prédécesseurs égyptiens, phéniciens, chinois, basques (oups !, ils ont oublié les Maliens chers à Ivan Van Sertima). Reste que quelques paragraphes argumentés pour exposer qui étaient ces gens qui vivaient dans ce « Nouveau » Monde depuis quelque vingt ou quinze mille ans avant que Colomb ne foule le sol de ce qu’il prenait pour les Indes – ce qui leur a valu le nom qu’ils portent aujourd’hui d’Indiens ou Amérindiens – auraient été bienvenus. Le parti-pris des auteurs est ici clair : découvrir, c’est aller, revenir et faire connaître au monde…

Passé le cap des récriminations, il faut reconnaître que, de même qu’il n’y a pas de mouettes sans terres proches, certains stéréotypes se révèlent porteurs d’une part d’exactitude. Le chapitre « Vasco de Gama a découvert la route des Indes » souligne ainsi qu’il a été certes le premier à « accomplir d’une seule traite, à partir du Cap-Vert, une grande boucle dans l’océan Atlantique pour dépasser le sud de l’Afrique et gagner l’Inde sur sa lancée : pour la première fois dans l’histoire des navigations européennes, des marins naviguèrent en haute mer plus de trois mois (en 1492, Colomb n’avait vogué que trente-sept jours en haute mer) ». Il a bien découvert « une » route des Indes, qui allait plus tard éclipser les autres, plus anciennes, qui longeaient les côtes.

Au final, ce petit livre luxueux (les couvertures rigides deviennent tellement rares…) fera un excellent cadeau de Noël pour historien novice.

À propos de :

CHANDEIGNE Michel et DUVIOLS Jean-Paul [2011], Sur la route de Colomb et Magellan. Idées reçues sur les Grandes Découvertes, Paris, Le Cavalier Bleu, 2011.

Sur les navigations indiennes avant le 16e siècle

Divers auteurs ont développé l’idée selon laquelle « les hindous se sont peu aventurés loin de leurs rivages » (Rosenberger, 1999 : 271). « Le manque d’intérêt de l’Inde pour le pouvoir maritime dans la période prémoderne reste une énigme », estime Chaudhuri (1985 : 15). Wink (1990 : 65) écrit également : « Il est peu fait mention de marchands indiens dans le commerce à longue distance de l’océan Indien » (la prohibition des brahmanes concernant les voyages maritimes aurait contribué à limiter les initiatives hindoues sur les côtes de l’Inde). Ces auteurs sous-estiment curieusement le rôle joué par les Indiens dans les échanges, rôle pourtant bien attesté avant même l’ère chrétienne : l’« indianisation » de l’Asie du Sud-Est a commencé à la fin du premier millénaire av. J.-C. Du poivre était alors commercé au Viêtnam, un terme pour le désigner, *amrec, étant reconstructible en proto-chamique, langue alors parlée sur la côte viêtnamienne.

La naissance d’un système-monde reliant Asie, Europe et Afrique éclaire au début de l’ère chrétienne les mouvements des marchands méditerranéens vers l’Asie du Sud, l’« indianisation » de l’Asie du Sud-Est, l’émergence en Afrique de l’Est d’une culture pré-swahilie, et les voyages des Austronésiens vers la Chine ou l’Ouest de l’océan Indien (Beaujard 2009). Les Indiens jouent eux-mêmes un rôle actif sur les routes maritimes. Ils sont souvent bouddhistes (Ray 1996), mais des hindous sont également présents.

Si nous sommes mieux renseignés sur l’Ouest de l’océan Indien, grâce aux textes grecs et romains notamment, l’Est de cet océan était déjà le théâtre d’un commerce notable. On sait par le Périple de la Mer Érythrée (ca. 30 ap. J.-C.) (Casson, 1989) que de gros navires traversaient la baie du Bengale vers Chryse (péninsule malaise-Sumatra). En sens inverse, la trouvaille sur les côtes de la mer Rouge d’ostraka (tessons de poterie réutilisés comme supports d’écriture) en tamoul et écriture brâhmî, datés du 1er-2e s. ap. J.-C., montre que des Indiens fréquentaient cette région. Des États et des marchands privés devaient être impliqués dans les échanges. Des pièces shâtavâhana des 2e et 3e siècles figurent des navires à un ou deux mâts (Andhra Pradesh). Au Bengale occidental, diverses impressions de sceaux datés du 3e s. provenant de Chandraketugarh représentent des navires pourvus d’un mât à base tripode, qui sont d’un type différent des navires représentés sur les monnaies shâtavâhana. Le Sud et le Sud-Est de l’Inde jouent aussi un rôle important, à partir de ports comme Muziris (Kerala), Arikamedu et Kâverippûmpattinam (Coromandel). Un graffito sur un tesson de poterie trouvé au Tamil Nadu pourrait être la représentation d’un navire à trois mâts décrit par les textes gréco-romains.

Au 4e et au début du 5e siècle, le système-monde est en repli, mais les échanges demeurent actifs entre l’Inde orientale et l’Asie du Sud-Est, sous la dynastie des Pallava qui dominent alors le Coromandel. Le revers de l’un des types de pièces pallava trouvé dans la capitale Kâñchîpuram porte un navire. Une pièce de ce type a été mise à jour à Khuan Lukpad (Thaïlande péninsulaire). Les fresques indiennes d’Ajanta (première moitié du 6e s.) offrent différentes représentations de navires, certains à trois mâts, qui évoquent des navires de l’Asie du Sud-Est (Manguin 1985). Au 6e siècle, le Grec Cosmas souligne en outre l’importance de Ceylan, qui reçoit des biens de l’Orient et de l’Occident, et envoie ses propres navires outremer.

Le 7e siècle voit l’interconnexion de l’Empire chinois des Tang et de l’Empire musulman, qui favorise une nouvelle phase d’intégration du système-monde. En position centrale, de grands royaumes indiens jouent un rôle important dans l’expansion des réseaux : Râshtrakûta du Deccan, Pâla du Bengale et Pallava du Coromandel. Cette période voit l’émergence de grandes guildes en Inde du Sud et le renforcement des influences culturelles indiennes à Ceylan et au-delà de la baie du Bengale. Entre Inde et Asie du Sud-Est, une culture commune se crée, forgée par les marchands et les hommes de religion. Les chroniques chinoises conservent la trace d’ambassades du « Sud de l’Inde » en  692, 710 et 720 (Wang Gungwu 1998). Une inscription trouvée à Takuapa, sur la péninsule malaise, évoque une intervention militaire indienne au 9e siècle (844-866), à laquelle se trouve associée la guilde de marchands Manigrâmam. Peut-être avons-nous ici l’indice d’une tentative indienne visant à détourner le commerce vers l’isthme de Kra, au détriment de Palembang (Srîwijaya).

Les Cinghalais allaient eux-mêmes jusqu’en Chine. Un texte chinois du 9e s., parlant des navires qui arrivent chaque année au Nord-Viêtnam et à Huangzhou, précise : « Parmi ceux-ci, les navires du Royaume du Lion [Ceylan] sont les plus grands. »

Des navires indiens se rendaient aussi dans le golfe Persique. Le roi Châlukya Pulakeshin II (609-642), qui contrôlait la côte du Konkan, envoya des missions diplomatiques auprès du Sassanide Khosrau I. Une lettre du commandant ‘Utba ibn Ghazwân au calife ‘Umar parle de la visite de navires indiens au port d’Ubullah. Les Châlukya envoient en outre des navires vers Ceylan et l’Asie du Sud-Est.

Le système-monde est en repli au 9e et au 10e siècle, mais à la fin de ce siècle, une période de réchauffement que l’Europe a appelé l’Optimum Climatique Médiéval favorise un nouvel essor de ce système, impulsé notamment par la Chine Song. En Inde, la puissance politique majeure se trouve alors à l’est, avec la thalassocratie chola du Coromandel, mais les communautés marchandes du Gujarat et de la côte du Malabar sont également actives sur l’ensemble des réseaux. Si elles sont souvent musulmanes, des hindous et des jaïns sont également présents. Abû Zayd mentionne ainsi des marchands hindous à Sîrâf au 10e siècle. Mas‘ûdî signale par ailleurs des pirates indiens à Socotora au 10e s., « qui donnent la chasse aux navires arabes à destination de la l’Inde et de la Chine ».

Outre les données de l’archéologie et des textes arabo-persans, nous disposons pour la période des 11e-12e siècles des documents de la Geniza du Caire et des chroniques chinoises. Diverses lettres de marchands juifs font référence à des navires indiens, envoyés au port d’Aden avec du poivre et du fer (Goitein et Friedman 2007). Les Chola entreprennent la conquête d’une partie de Sri Lanka et des Maldives (10e-11e siècles), puis lancent des expéditions sur Sriwijaya et la péninsule malaise. Les sources chinoises montrent qu’une grande partie du commerce d’exportation à partir de la Chine se fait avec des navires indiens du Coromandel et de Ceylan.

Des documents indiens reflètent aussi l’importance de la navigation. Le manuscrit sanskrit Yuktikalpataru, du 11e siècle, ne mentionne pas moins de quinze sortes de bateaux aptes à une navigation en mer, certains de grande taille (Mookerji, 1999). Diverses inscriptions datées entre 10e et 13e s. parlent de maîtres de navires indiens sur la côte du Konkan ; elles donnent le mot vahitra pour des navires utilisés pour des voyages en haute mer, également en usage dans la baie du Bengale. Les nefs indiennes de cette période utilisent probablement des voiles auriques permettant de naviguer cap au vent. On connaît diverses représentations de navires pour cette période des 11e-12e s., navires ici à un seul mât (Deloche 1996). Une pierre conservée au musée de Goa montre en outre un navire avec un poste de gouvernail à la poupe, situé apparemment dans un chantier naval. Le gouvernail d’étambot observé n’est peut-être pas une innovation indienne, car la Chine connaît ce type de gouvernail depuis le 1er siècle. L’histoire a retenu les noms de certains traitants particulièrement riches, ainsi le prince-marchand Jagadu (Gujarat) – un jaïn –, qui commerce avec la Perse avec l’aide d’un agent indien basé à Hormuz.

Au 13e siècle, l’émergence de la semi-périphérie mongole comme puissance politique majeure provoque une brutale restructuration de l’espace continental asiatique et des réseaux d’échange, avec la création d’États mongols en Chine, en Perse et en Europe orientale, et la formation en Inde du sultanat de Delhi, en contrepoint à l’expansion mongole. Les musulmans dominent désormais les réseaux, mais des marchands hindous demeurent actifs, en particulier sur la côte sud-est de l’Inde. Au 13e siècle, des Indiens du Sud continuent à faire le voyage vers la Chine. Dédiée à Vishnu, une inscription bilingue chinois/tamoul datée de 1281 a été trouvée à Quanzhou, qui a livré par ailleurs un certain nombre de statues et bas-reliefs indiens. Une importante population tamoule semble avoir vécu à Quanzhou au 13e siècle. À la fin du 13e siècle, les Pândya envoient toute une série d’ambassades en Chine, via Java (il n’est pas sûr cependant que les marchands et ambassadeurs tamouls aient toujours voyagé à bord de navires indiens).

Des influences indiennes sont clairement apparentes en Afrique de l’Est pour cette période, influences arrivées sans doute, pour une part, avec des musulmans installés en Inde, mais des Indiens banians (hindous) sont aussi partie prenante dans les échanges : on sait que des banians étaient installés dans la région du golfe et à Aden. Les chroniques yéménites évoquent ainsi pour 1384 un quartier banian (hindou) de commerçants en tissus dans cette ville.

Les rois de Ceylan, par ailleurs, mènent une politique commerciale active. Ibn Battûta en témoigne pour le souverain du royaume tamoul du Nord de l’île, qui était en rapport avec le Coromandel et commerçait avec le Yémen.

Après le déclin global du 14e siècle entre les années 1320 et 1380, le système-monde connaît une nouvelle croissance au 15e siècle. La désintégration du sultanat de Delhi a donné naissance à des sultanats ouverts sur la mer, au Gujarat et au Bengale. Le sultanat bahmanide (Deccan) est également impliqué dans les échanges maritimes, de même que l’empire de Vijayanâgara (Sud de l’Inde) et des cités-États comme Calicut. Les marchands musulmans du Gujarat, de la côte du Malabar, et du Bengale jouent un rôle prééminent sur les réseaux de l’océan Indien. Des musulmans sont également présents sur la côte du Coromandel. L. de Varthema affirme au début du 16e s. : « Les païens hindous ne naviguent guère ; ce sont les Maures qui transportent les marchandises. » Pourtant, des « banians » « marchands de mer » sont en nombre dans les ports de Thatta, Goa, Calicut, Hormuz, Aden et Malacca. À Surat, dans le sultanat bahmanide, le plus grand marchand au début du 16e siècle était un brahmane, Malik Gopi, possesseur de trente navires (Subrahmanyam, 1995). Le Portugais Barros signale la présence de banians gujaratis à Malindi (Kénya) en 1498. Entre le Coromandel et le port de Malacca, ce sont des marchands chettis hindous qui ont la haute main sur le commerce. Selon le Portugais T. Pires, les « Keling », du Coromandel, généralement hindouistes, appartenant à l’Empire de Vijayanâgara, comptaient à Malacca le même nombre de marchands que les Gujaratis.

Ce relevé non exhaustif des activités maritimes indiennes au fil des siècles montre la vitalité des communautés marchandes dans les échanges à longue distance de l’Asie du Sud. Si les musulmans y jouent un rôle croissant à compter du 8e siècle, des hindous et des jaïns y sont bien présents, et prendront une part active dans les échanges à l’époque moderne.

BEAUJARD, P., 2009, « Un seul système-monde avant le 16e siècle ? L’océan Indien au cœur de l’intégration de l’hémisphère afro-eurasien », Histoire globale, mondialisations et capitalisme, P. Beaujard, L. Berger et P. Norel (éds.), Paris, Éditions La Découverte, pp. 82-148.

CASSON, L. (éd.), 1989, Periplus Maris Erythraei, Princeton, Princeton University Press, 344 p.

CHAUDHURI, K. N., 1985, Trade and Civilization in the Indian Ocean: An Economic History from the Rise of islam to 1750, Cambridge, Cambridge University Press, 288 p.

DELOCHE, J., 1996, « Iconographic evidence on the development of boat and ship structures in India (2nd C. B.C.-15th C. A.D.). A new approach », Tradition and Archaeology: Early maritime contacts in the Indian Ocean, H. P. Ray et J.-F. Salles (eds), Delhi, Manohar, pp. 199-224.

GOITEIN, S.D. et FRIEDMAN, M.A., 2007, India Traders of the Middle Ages : Documents from the Cairo Geniza. « India Book », Part One, Leiden, Brill, 918 p.

MANGUIN, P.-Y., 1985a, « Late Mediaeval Asian Shipbuilding in the Indian Ocean. A Reappraisal », Middle East and Indian Ocean, XVIe-XIXe, 2 (2), pp. 1-30.

MOOKERJI, R. K., 1999, Indian Shipping: A History of the Sea-Borne Trade and Maritime Activity of the Indians from the Earliest Times, New Delhi, Munshiram Manoharlal, 283 p. (1re éd. 1912).

RAY, H. P., 1994, The Winds of Change: Buddhism and the Maritime Links of Early South Asia, New Delhi, Manohar Publish., 256 p.

ROSENBERGER, B., 1999, « La pratique du commerce», États, sociétés et cultures du monde musulman médiéval, vol. 2, J. C. Garcin et al. (éds.), Paris, PUF, pp. 245-273.

SUBRAHMANYAM, S., 1995, « Of Imârat and Tijârat: Asian Merchants and State Power in the Western Indian Ocean, 1400 to 1750 », Comparative Studies in Society and History, 37, pp. 750-780.

WANG GUNGWU, 1998, The Nanhai Trade: The Early History of the Chinese Trade in the South China Sea, Singapour, Times Academic Press, 134 p. (1re éd. 1958).

WINK, A., 1990, Al Hind: the Making of the Indo-Islamic World, vol. I, New Delhi, Oxford University Press, 396 p.