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	<title>Commentaires sur : La mondialisation impériale des monothéismes</title>
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	<description>Le blog d&#039;histoire globale</description>
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		<title>Par : jean-pierre castel</title>
		<link>http://blogs.histoireglobale.com/la-mondialisation-imperiale-des-monotheismes_719/comment-page-1#comment-1395</link>
		<dc:creator>jean-pierre castel</dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Jan 2013 23:24:23 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Jean-Pierre Demoule dit :&quot;Mais ils sont loin d’être les seuls à pratiquer concrètement l’intolérance.&quot; et cite le cas de l&#039;expansion bouddhiste.

Les trois religions monothéistes (judaïsme, christianisme, islam) se distinguent radicalement de  toutes les autres religions par leur exclusivisme, avec pour emblèmes communs le dieu jaloux, l&#039;ordre de brûler les idoles, l’extirpation de l’idolâtrie. La volonté de remplacer les dieux d’autrui par « le seul vrai dieu » représente une motivation de violence inconnue des autres religions, me semble-t-il. Certes le prosélytisme existe aussi dans le bouddhisme, mais il procède par syncrétisme, elle implique une souplesse dogmatique étrangère à la nature du monothéisme, qui procède plus naturellement par la coercition. 

Une comparaison des violences religieuses respectivement dans les mondes monothéiste et non-monothéiste m’a conduit à distinguer persécutions, guerres de religion, ethnocides - détruire la religion d&#039;un peuple équivaut en effet souvent à détruire sa culture, son ciment social, son sentiment d&#039;identité. Le christianisme et l&#039;islam  ont probablement été plus persécutrices que les religions non-monothéistes  ; ils ont connu plus de guerres de religion ; de façon encore plus caractéristique ils sont les seules à avoir délibérément détruit par la force les religions des peuples étrangers (1) 

Une telle approche pêcherait par essentialisme : on n&#039;aurait pas le droit de considérer « le dieu jaloux », « l’ordre de brûler les idoles », « l’extirpation de l’idolâtrie » comme des invariants traversant les trois religions abrahamiques et leurs différentes déclinaisons, à travers vingt siècles d’histoire, dans des contextes géo-socio-politiques extrêmement variés,

Cette démarche serait a-historique, seule une analyse précise de chaque violence dans son contexte historique pouvant permettre d’y déceler une éventuelle composante  religieuse,

Enfin la religion ne serait qu’une condition et non pas une cause des violences, la meilleure preuve étant que le monothéisme n’est (fort heureusement) pas toujours violent.

Et pourtant :

-	l&#039;anathème contre les idolâtres, l&#039;extirpation de l&#039;idolâtrie sont des thèmes récurrents dans toute l&#039;histoire chrétienne et musulmane (le cas du judaïsme mérite un traitement à part). Un exemple parmi d&#039;autres: encore au XIXème siècle le cardinal Lavigerie exhortait les Pères Blancs  &quot;à faire connaître la nouvelle religion en détruisant systématiquement les pratiques du paganisme .&quot; Le destructions de temples d&#039;un Saint Martin, d&#039;un Saint François Xavier, des musulmans en Inde aux XI et XVII siècles en sont d&#039;autres exemples. 

-	si par exemple dans les guerres d&#039;indépendance (Irlande, Sri Lanka, etc), la religion n&#039;est qu&#039;un marqueur identitaire et le prosélytisme un enjeu mineur voire absent, en revanche la destruction des objets de culte par les missionnaires en conformité avec les ordres du cardinal Lavigerie, de Propaganda Fide et de tant d&#039;autres, relève me semble-t-il à l&#039;évidence de la violence religieuse monothéiste. Une citation parmi d’autres : «As soon as I arrived in any heathen village, when all are baptized, I order all the temples of their false gods to be destroyed and all the idols to be broken to pieces. I can give you no idea of the joy I feel in seeing this done» Letter to the Society at Rome, Francis, from Cochin, January 27th, 1545., disponible sur . La relation de causalité entre l’ordre de brûler les idoles et les violences manifestement religieuses de toute l’ère chrétienne et musulmane me semble manifeste,

-	il ne s’agit certes pas d’une relation de causalité directe, univoque, automatique, mais d’un facteur de risque, comme le tabac est un facteur de risque du cancer du poumon,

-	l’opposition récurrente sinon systématique des églises monothéistes à la science occidentale, encore avérée par le créationnisme, me semble inconnue dans les civilisations non-monothéistes (hors médecine et hors « not invented here »). Ceci me semble fournir une preuve d’existence de cette violence monothéiste, un cas « chimiquement pur » au sens où il est moins pollué par la politique que les violences religieuses habituelles. 

(1)&quot;La notion d&#039;hérésie n&#039;est que rarement employée dans le bouddhisme, et elle ne déboucha pas sur les excès de fanatisme familiers à l&#039;Occident […Seuls] certains mythes suggèrent que le bouddhisme a parfois cherché à éradiquer les cultes locaux qui lui faisaient obstacle&quot;. d&#039;après Bernard Faure, auteur de Bouddhisme et violence, Le Cavalier Bleu, 2008, cité dans Le bouddhisme, une religion tolérante ? Sciences Humaines Hors-série N° 41 - Juin-Juillet-Août 2003. Cf. aussi Christophe Richard, Bouddhisme: religion ou philosophie? L&#039;Harmattan 2010; Jacques Pous: La tentation totalitaire, L&#039;Harmattan 2009, Odon Vallet: Petit Lexique des guerres de religion d&#039;hier et d&#039;aujourd&#039;hui]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Jean-Pierre Demoule dit :&nbsp;&raquo;Mais ils sont loin d’être les seuls à pratiquer concrètement l’intolérance.&nbsp;&raquo; et cite le cas de l&rsquo;expansion bouddhiste.</p>
<p>Les trois religions monothéistes (judaïsme, christianisme, islam) se distinguent radicalement de  toutes les autres religions par leur exclusivisme, avec pour emblèmes communs le dieu jaloux, l&rsquo;ordre de brûler les idoles, l’extirpation de l’idolâtrie. La volonté de remplacer les dieux d’autrui par « le seul vrai dieu » représente une motivation de violence inconnue des autres religions, me semble-t-il. Certes le prosélytisme existe aussi dans le bouddhisme, mais il procède par syncrétisme, elle implique une souplesse dogmatique étrangère à la nature du monothéisme, qui procède plus naturellement par la coercition. </p>
<p>Une comparaison des violences religieuses respectivement dans les mondes monothéiste et non-monothéiste m’a conduit à distinguer persécutions, guerres de religion, ethnocides &#8211; détruire la religion d&rsquo;un peuple équivaut en effet souvent à détruire sa culture, son ciment social, son sentiment d&rsquo;identité. Le christianisme et l&rsquo;islam  ont probablement été plus persécutrices que les religions non-monothéistes  ; ils ont connu plus de guerres de religion ; de façon encore plus caractéristique ils sont les seules à avoir délibérément détruit par la force les religions des peuples étrangers (1) </p>
<p>Une telle approche pêcherait par essentialisme : on n&rsquo;aurait pas le droit de considérer « le dieu jaloux », « l’ordre de brûler les idoles », « l’extirpation de l’idolâtrie » comme des invariants traversant les trois religions abrahamiques et leurs différentes déclinaisons, à travers vingt siècles d’histoire, dans des contextes géo-socio-politiques extrêmement variés,</p>
<p>Cette démarche serait a-historique, seule une analyse précise de chaque violence dans son contexte historique pouvant permettre d’y déceler une éventuelle composante  religieuse,</p>
<p>Enfin la religion ne serait qu’une condition et non pas une cause des violences, la meilleure preuve étant que le monothéisme n’est (fort heureusement) pas toujours violent.</p>
<p>Et pourtant :</p>
<p>-	l&rsquo;anathème contre les idolâtres, l&rsquo;extirpation de l&rsquo;idolâtrie sont des thèmes récurrents dans toute l&rsquo;histoire chrétienne et musulmane (le cas du judaïsme mérite un traitement à part). Un exemple parmi d&rsquo;autres: encore au XIXème siècle le cardinal Lavigerie exhortait les Pères Blancs  &laquo;&nbsp;à faire connaître la nouvelle religion en détruisant systématiquement les pratiques du paganisme .&nbsp;&raquo; Le destructions de temples d&rsquo;un Saint Martin, d&rsquo;un Saint François Xavier, des musulmans en Inde aux XI et XVII siècles en sont d&rsquo;autres exemples. </p>
<p>-	si par exemple dans les guerres d&rsquo;indépendance (Irlande, Sri Lanka, etc), la religion n&rsquo;est qu&rsquo;un marqueur identitaire et le prosélytisme un enjeu mineur voire absent, en revanche la destruction des objets de culte par les missionnaires en conformité avec les ordres du cardinal Lavigerie, de Propaganda Fide et de tant d&rsquo;autres, relève me semble-t-il à l&rsquo;évidence de la violence religieuse monothéiste. Une citation parmi d’autres : «As soon as I arrived in any heathen village, when all are baptized, I order all the temples of their false gods to be destroyed and all the idols to be broken to pieces. I can give you no idea of the joy I feel in seeing this done» Letter to the Society at Rome, Francis, from Cochin, January 27th, 1545., disponible sur . La relation de causalité entre l’ordre de brûler les idoles et les violences manifestement religieuses de toute l’ère chrétienne et musulmane me semble manifeste,</p>
<p>-	il ne s’agit certes pas d’une relation de causalité directe, univoque, automatique, mais d’un facteur de risque, comme le tabac est un facteur de risque du cancer du poumon,</p>
<p>-	l’opposition récurrente sinon systématique des églises monothéistes à la science occidentale, encore avérée par le créationnisme, me semble inconnue dans les civilisations non-monothéistes (hors médecine et hors « not invented here »). Ceci me semble fournir une preuve d’existence de cette violence monothéiste, un cas « chimiquement pur » au sens où il est moins pollué par la politique que les violences religieuses habituelles. </p>
<p>(1)&nbsp;&raquo;La notion d&rsquo;hérésie n&rsquo;est que rarement employée dans le bouddhisme, et elle ne déboucha pas sur les excès de fanatisme familiers à l&rsquo;Occident […Seuls] certains mythes suggèrent que le bouddhisme a parfois cherché à éradiquer les cultes locaux qui lui faisaient obstacle&nbsp;&raquo;. d&rsquo;après Bernard Faure, auteur de Bouddhisme et violence, Le Cavalier Bleu, 2008, cité dans Le bouddhisme, une religion tolérante ? Sciences Humaines Hors-série N° 41 &#8211; Juin-Juillet-Août 2003. Cf. aussi Christophe Richard, Bouddhisme: religion ou philosophie? L&rsquo;Harmattan 2010; Jacques Pous: La tentation totalitaire, L&rsquo;Harmattan 2009, Odon Vallet: Petit Lexique des guerres de religion d&rsquo;hier et d&rsquo;aujourd&rsquo;hui</p>
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	<item>
		<title>Par : Les processus de conversion dans l’Ancien Monde : une typologie &#171; Histoire Globale</title>
		<link>http://blogs.histoireglobale.com/la-mondialisation-imperiale-des-monotheismes_719/comment-page-1#comment-649</link>
		<dc:creator>Les processus de conversion dans l’Ancien Monde : une typologie &#171; Histoire Globale</dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Jun 2011 14:31:58 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[[...] partir du moment axial (voir la chronique de Jean-Paul Demoule du 17 janvier 2011) cher à Karl Jaspers, des besoins éthiques se font jour [...]]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>[...] partir du moment axial (voir la chronique de Jean-Paul Demoule du 17 janvier 2011) cher à Karl Jaspers, des besoins éthiques se font jour [...]</p>
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	</item>
	<item>
		<title>Par : La mondialisation impériale des monothéismes / 17 janvier 2011 &#124; JEAN-PAUL DEMOULE</title>
		<link>http://blogs.histoireglobale.com/la-mondialisation-imperiale-des-monotheismes_719/comment-page-1#comment-642</link>
		<dc:creator>La mondialisation impériale des monothéismes / 17 janvier 2011 &#124; JEAN-PAUL DEMOULE</dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Jun 2011 17:58:58 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[[...] http://blogs.histoireglobale.com/?p=719 [...]]]></description>
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	<item>
		<title>Par : De l’invention conjointe de la philosophie et des grandes religions &#171; Histoire Globale</title>
		<link>http://blogs.histoireglobale.com/la-mondialisation-imperiale-des-monotheismes_719/comment-page-1#comment-626</link>
		<dc:creator>De l’invention conjointe de la philosophie et des grandes religions &#171; Histoire Globale</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Mar 2011 17:44:04 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[[...] C’est à une lecture inattendue que nous convie Jean C. Baudet avec ses Curieuses Histoires de la pensée. Philosophe, biologiste (on lui devrait, à en croire sa biographie sur wikipedia, la découverte des ancêtres des haricots) et poète, l’auteur a commis une multitude de livres relatifs à l’épistémologie historique des sciences. Il ambitionne ici de dresser une synthèse de l’histoire de la pensée, depuis ses lointaines origines préhistoriques jusqu’aux débuts de l’ère commune – une très longue période, qui voit la pensée atteindre un apogée au moment qualifié d’âge axial par le philosophe Karl Jaspers [1949], un concept récemment enrichi des considérations de Karen Armstrong [2009] et d’Yves Lambert [2007], dans des ouvrages déjà commentés sur ce blog. [...]]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>[...] C’est à une lecture inattendue que nous convie Jean C. Baudet avec ses Curieuses Histoires de la pensée. Philosophe, biologiste (on lui devrait, à en croire sa biographie sur wikipedia, la découverte des ancêtres des haricots) et poète, l’auteur a commis une multitude de livres relatifs à l’épistémologie historique des sciences. Il ambitionne ici de dresser une synthèse de l’histoire de la pensée, depuis ses lointaines origines préhistoriques jusqu’aux débuts de l’ère commune – une très longue période, qui voit la pensée atteindre un apogée au moment qualifié d’âge axial par le philosophe Karl Jaspers [1949], un concept récemment enrichi des considérations de Karen Armstrong [2009] et d’Yves Lambert [2007], dans des ouvrages déjà commentés sur ce blog. [...]</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : Jean-Paul Demoule</title>
		<link>http://blogs.histoireglobale.com/la-mondialisation-imperiale-des-monotheismes_719/comment-page-1#comment-624</link>
		<dc:creator>Jean-Paul Demoule</dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Mar 2011 15:55:21 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Les religions ne sont pas des entités fixes et figées, mais elles ne cessent d’évoluer, de se transformer, de se scinder en courants divers et opposés, en fonction des conditions historiques. De même il convient de distinguer les doctrines officielles d’une part, les pratiques réelles de l’autre. La plupart des religions affirment des principes de paix et d’amour du prochain ; la plupart des régimes qui s’en réclament pratiquent communément la violence. Certes, les trois monothéismes « du Livre » sont particulièrement intolérants. La « scène primitive » du sacrifice d’Abraham, où Dieu exige que le fidèle, comme preuve de foi et de piété, lui sacrifie son fils si longtemps attendu, serait impensable dans bien d’autres religions et éclaire aussi la violence des relations, particulièrement aujourd’hui, entre ces trois monothéismes. Mais ils sont loin d’être les seuls à pratiquer concrètement l’intolérance. Et si le bouddhisme officiel n’est pas théiste, il s’est fort bien marié avec le shintoïsme japonais, au point de faire d’Amaterasu, déesse du soleil et grand-mère du premier empereur japonais, l’une des réincarnations du Bouddha. Si son expansion n’a pas été le fait d’une autorité centrale – mais c’est le cas de la plupart des religions universalistes – elle a néanmoins été impressionnante. 
Quant au judaïsme (qui par ailleurs prévoit la Résurrection finale), la question de son prosélytisme et des conversions, posée naguère par l’historiens Edouard Will et relancée récemment par l’ouvrage de Shlomo Sand, reste ouverte. Mais le judaïsme des Falachas ne peut guère être réduit à l’épisode mythique de la reine de Sabah, de même que l’empire khazar est un phénomène reconnu de conversion, au moins pour les couches dirigeantes. 
Il y a bien une coïncidence de dates entre l’émergence de pensées universalistes, quelle que soit leur variété et leurs évolutions, et l’émergence des empires également à vocation universaliste. Religions universalistes et empires se sont accompagnés et confortés les uns les autres, sans relation simple de cause à effet sans doute, et avec des décalages, mais il s’agit bien d’un phénomène global. 

Références
Will E. &amp; Orrieux Cl. 1992. « Prosélytisme juif » ? Histoire d’une erreur. Paris, Les Belles Lettres.]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Les religions ne sont pas des entités fixes et figées, mais elles ne cessent d’évoluer, de se transformer, de se scinder en courants divers et opposés, en fonction des conditions historiques. De même il convient de distinguer les doctrines officielles d’une part, les pratiques réelles de l’autre. La plupart des religions affirment des principes de paix et d’amour du prochain ; la plupart des régimes qui s’en réclament pratiquent communément la violence. Certes, les trois monothéismes « du Livre » sont particulièrement intolérants. La « scène primitive » du sacrifice d’Abraham, où Dieu exige que le fidèle, comme preuve de foi et de piété, lui sacrifie son fils si longtemps attendu, serait impensable dans bien d’autres religions et éclaire aussi la violence des relations, particulièrement aujourd’hui, entre ces trois monothéismes. Mais ils sont loin d’être les seuls à pratiquer concrètement l’intolérance. Et si le bouddhisme officiel n’est pas théiste, il s’est fort bien marié avec le shintoïsme japonais, au point de faire d’Amaterasu, déesse du soleil et grand-mère du premier empereur japonais, l’une des réincarnations du Bouddha. Si son expansion n’a pas été le fait d’une autorité centrale – mais c’est le cas de la plupart des religions universalistes – elle a néanmoins été impressionnante.<br />
Quant au judaïsme (qui par ailleurs prévoit la Résurrection finale), la question de son prosélytisme et des conversions, posée naguère par l’historiens Edouard Will et relancée récemment par l’ouvrage de Shlomo Sand, reste ouverte. Mais le judaïsme des Falachas ne peut guère être réduit à l’épisode mythique de la reine de Sabah, de même que l’empire khazar est un phénomène reconnu de conversion, au moins pour les couches dirigeantes.<br />
Il y a bien une coïncidence de dates entre l’émergence de pensées universalistes, quelle que soit leur variété et leurs évolutions, et l’émergence des empires également à vocation universaliste. Religions universalistes et empires se sont accompagnés et confortés les uns les autres, sans relation simple de cause à effet sans doute, et avec des décalages, mais il s’agit bien d’un phénomène global. </p>
<p>Références<br />
Will E. &amp; Orrieux Cl. 1992. « Prosélytisme juif » ? Histoire d’une erreur. Paris, Les Belles Lettres.</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : jean-pierre castel</title>
		<link>http://blogs.histoireglobale.com/la-mondialisation-imperiale-des-monotheismes_719/comment-page-1#comment-621</link>
		<dc:creator>jean-pierre castel</dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Mar 2011 08:46:51 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://blogs.histoireglobale.com/?p=719#comment-621</guid>
		<description><![CDATA[Que les hommes aient une tendance à vivre dans des sociétés d&#039;effectif croissant est certes une tendance lourde de l&#039;humanité, sans doute à mettre en relation avec le développement  des techniques de transport et de communication.
Mais le judaïsme, le christianisme, l&#039;islam,  le bouddhisme, le confucianisme, ne sont pas des &quot;religions monothéistes universalistes de salut prosélytes et intolérantes &quot; : il n&#039;y a par exemple pas de théisme ni d&#039;intolérance dans le bouddhisme, pas d&#039;universalisme ni de prosélytisme ni de salut à proprement parler dans le judaïsme.
Y a-t-il une relation entre  l&#039;apparition des &quot;empires&quot; (concept qui reste à définir) et l&#039;apparition de religions &quot;universalistes&quot;? De fait, les religions polythéistes, et d&#039;ailleurs aussi  le judaïsme, étaient des religions identitaires ethniques, alors que le bouddhisme, le christianisme et  l&#039;islam sont moins attachés à un peuple, à un territoire. Mais l&#039;apparition de cet &quot;universalisme religieux&quot; semble avoir anticipé les besoins des empires :  Ashoka et Constantin sont postérieurs de plusieurs siècles  à Bouddha et à Jésus (à moins de considérer l&#039;universalisme du christianisme comme  le dérivant d&#039;une origine grecque et donc de l&#039;Empire d&#039;Alexandre) 
En outre, si le bouddhisme porte certes des valeurs potentiellement universelles, contrairement au christianisme et à l&#039;islam, il est dépourvu de dogme et d&#039;autorité centraux, de sorte que son développement géographique s&#039;est toujours réalisé par des syncrétismes locaux.
En fait  s&#039;il y a dans l&#039;histoire des religions une discontinuité profonde,  c&#039;est celle qui distingue les religions abrahamiques (judaïsme, christianisme, islam)  de toutes les autres religions (qu&#039;elles soient polythéistes, zoroastristes ou bouddhistes), à savoir la prétention à l&#039;unicité de leur vérité révélée, autrement dit la jalousie  de leur dieu, qui traite les autres dieux d&#039;idoles à abattre. Cet exclusivisme a de fait servi les intérêts de l&#039;impérialisme romain, arabe ou européen, en légitimant à la fois une normalisation des valeurs et un appétit de conquête. 
Si on peut certes détecter dans l&#039;histoire des religions une tendance à l&#039;universalisme, elle est déjà présente par exemple dans le polythéisme grec, qui déboucha en effet sur le panthéisme néo-platonicien : cette tendance à l&#039;universalisme ne prend pas nécessairement la forme d&#039;un monothéisme, en particulier d&#039;un monothéisme personnel et jaloux comme celui des religions abrahamiques. 
A la suite de Theo Sundermeier et de Jan Assmann, je crois en revanche beaucoup plus que l&#039;innovation profonde, radicale, du monothéisme abrahamique a été non pas l&#039;universalisme, d&#039;ailleurs absent du judaïsme, mais l&#039;invention d&#039;une nouvelle &quot;catégorie de vérité&quot;, la vérité révélée unique. 
Cette vérité unique accouchera de l&#039;intolérance et des violences religieuses, au sens de violences ayant pour mobile (mobile certes souvent mêlé à des buts plus politiques) d&#039;imposer à l&#039;autre son  propre dieu. Ce mobile de violence était inconnu des autres civilisations. Il sera repris par les idéologies totalitaires du XXème siècle, qui hériteront de deux des trois paradigmes caractéristiques du monothéisme abrahamique : la vérité unique et le messianisme, en oubliant le troisième, la transcendance.
Theo Sundermeier, Religion, Religionen, Berlin 1987
Regina M. Schwartz, The Curse of Cain: The Violent Legacy of Monotheism, University of Chicago Press, 1997
Jan Assmann, Le prix du monothéisme, Aubier 2007
Jean Soler, La violence monothéiste, de Fallois, 2009
Jacques Pous, La tentation totalitaire, L&#039;Harmattan 2009
Jean-Pierre Castel, Le déni de la violence monothéiste, L&#039;Harmattan 2010]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Que les hommes aient une tendance à vivre dans des sociétés d&rsquo;effectif croissant est certes une tendance lourde de l&rsquo;humanité, sans doute à mettre en relation avec le développement  des techniques de transport et de communication.<br />
Mais le judaïsme, le christianisme, l&rsquo;islam,  le bouddhisme, le confucianisme, ne sont pas des &laquo;&nbsp;religions monothéistes universalistes de salut prosélytes et intolérantes &nbsp;&raquo; : il n&rsquo;y a par exemple pas de théisme ni d&rsquo;intolérance dans le bouddhisme, pas d&rsquo;universalisme ni de prosélytisme ni de salut à proprement parler dans le judaïsme.<br />
Y a-t-il une relation entre  l&rsquo;apparition des &laquo;&nbsp;empires&nbsp;&raquo; (concept qui reste à définir) et l&rsquo;apparition de religions &laquo;&nbsp;universalistes&nbsp;&raquo;? De fait, les religions polythéistes, et d&rsquo;ailleurs aussi  le judaïsme, étaient des religions identitaires ethniques, alors que le bouddhisme, le christianisme et  l&rsquo;islam sont moins attachés à un peuple, à un territoire. Mais l&rsquo;apparition de cet &laquo;&nbsp;universalisme religieux&nbsp;&raquo; semble avoir anticipé les besoins des empires :  Ashoka et Constantin sont postérieurs de plusieurs siècles  à Bouddha et à Jésus (à moins de considérer l&rsquo;universalisme du christianisme comme  le dérivant d&rsquo;une origine grecque et donc de l&rsquo;Empire d&rsquo;Alexandre)<br />
En outre, si le bouddhisme porte certes des valeurs potentiellement universelles, contrairement au christianisme et à l&rsquo;islam, il est dépourvu de dogme et d&rsquo;autorité centraux, de sorte que son développement géographique s&rsquo;est toujours réalisé par des syncrétismes locaux.<br />
En fait  s&rsquo;il y a dans l&rsquo;histoire des religions une discontinuité profonde,  c&rsquo;est celle qui distingue les religions abrahamiques (judaïsme, christianisme, islam)  de toutes les autres religions (qu&rsquo;elles soient polythéistes, zoroastristes ou bouddhistes), à savoir la prétention à l&rsquo;unicité de leur vérité révélée, autrement dit la jalousie  de leur dieu, qui traite les autres dieux d&rsquo;idoles à abattre. Cet exclusivisme a de fait servi les intérêts de l&rsquo;impérialisme romain, arabe ou européen, en légitimant à la fois une normalisation des valeurs et un appétit de conquête.<br />
Si on peut certes détecter dans l&rsquo;histoire des religions une tendance à l&rsquo;universalisme, elle est déjà présente par exemple dans le polythéisme grec, qui déboucha en effet sur le panthéisme néo-platonicien : cette tendance à l&rsquo;universalisme ne prend pas nécessairement la forme d&rsquo;un monothéisme, en particulier d&rsquo;un monothéisme personnel et jaloux comme celui des religions abrahamiques.<br />
A la suite de Theo Sundermeier et de Jan Assmann, je crois en revanche beaucoup plus que l&rsquo;innovation profonde, radicale, du monothéisme abrahamique a été non pas l&rsquo;universalisme, d&rsquo;ailleurs absent du judaïsme, mais l&rsquo;invention d&rsquo;une nouvelle &laquo;&nbsp;catégorie de vérité&nbsp;&raquo;, la vérité révélée unique.<br />
Cette vérité unique accouchera de l&rsquo;intolérance et des violences religieuses, au sens de violences ayant pour mobile (mobile certes souvent mêlé à des buts plus politiques) d&rsquo;imposer à l&rsquo;autre son  propre dieu. Ce mobile de violence était inconnu des autres civilisations. Il sera repris par les idéologies totalitaires du XXème siècle, qui hériteront de deux des trois paradigmes caractéristiques du monothéisme abrahamique : la vérité unique et le messianisme, en oubliant le troisième, la transcendance.<br />
Theo Sundermeier, Religion, Religionen, Berlin 1987<br />
Regina M. Schwartz, The Curse of Cain: The Violent Legacy of Monotheism, University of Chicago Press, 1997<br />
Jan Assmann, Le prix du monothéisme, Aubier 2007<br />
Jean Soler, La violence monothéiste, de Fallois, 2009<br />
Jacques Pous, La tentation totalitaire, L&rsquo;Harmattan 2009<br />
Jean-Pierre Castel, Le déni de la violence monothéiste, L&rsquo;Harmattan 2010</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Par : Jean-Paul Demoule</title>
		<link>http://blogs.histoireglobale.com/la-mondialisation-imperiale-des-monotheismes_719/comment-page-1#comment-600</link>
		<dc:creator>Jean-Paul Demoule</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Jan 2011 22:37:39 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://blogs.histoireglobale.com/?p=719#comment-600</guid>
		<description><![CDATA[Le commentaire de Jean-René Moret me donne l’occasion de quelques précisions supplémentaires. Le Judaïsme tel que nous le connaissons est le résultat d’une longue histoire et il comporte, comme je l’ai écrit, des éléments plus anciens ainsi que des sources originelles variées. Des archéologues israéliens comme Israël Finkelstein ont montré à la fois que la chronologie biblique devait être rajeunie (l’historicité de Moïse ne reposant sur aucun fondement archéologique, pas plus sans doute que celle de Salomon), et qu’il y avait de nombreux écarts entre les textes et la réalité, notamment du point de vue des cultes effectivement pratiqués. Le Judaïsme n’est certes pas alors la religion d’un grand empire, mais il participe du mouvement vers le monothéisme que pratiquent au même moment une partie de ses voisins. Mon texte se contentait de relever la coïncidence, au temps de l’ « âge axial », entre l’émergence des empires et celle des monothéismes et la similitude de leur vision universaliste du pouvoir, de l’ordre et du territoire.
Le succès « impérial » du Judaïsme viendra cependant de sa descendance chrétienne, même si la question de son prosélytisme et des conversions aux temps hellénistiques et romains reste en débat (cf. ceux autour du livre de Shlomo Sand, 2008). Toutes sortes de religions orientales, d’origines variées, fleurissent dans l’Empire romain, en perpétuel brassage. Pourtant c’est la plus monothéiste, diffusée d’abord dans les élites urbaines, qui l’emportera. Comme je l’écrivais en conclusion, toute religion est double, au moins : le christianisme proposait aussi un message libérateur et personnel, celui que retient ici Jean-René Moret ; mais né dans un contexte mental impérial, il était mieux fait que les vieux paganismes polythéistes pour répondre au nouvel ordre social. On peut regretter cette trajectoire, mais elle ne peut guère être due à un malencontreux concours de circonstances. 

FINKELSTEIN Israël &amp; SILBERMANN Neil A. (2001), The Bible unearthed : archaeology&#039;s new vision of ancient Israel and the origin of its sacred texts, New York, Free Press ; traduction française : La Bible dévoilée, les nouvelles révélations de l’archéologie, Gallimard, 2004 [NB : le titre anglais original dit « la Bible exhumée », en référence à l’archéologie, et non « dévoilée »].
LEVY Thomas E. &amp; HIGHAM Thomas (2005), editors, Radiocarbon Dating and the Iron Age of the Southern Levant : The Bible and Archæology Today, London.
SAND Shlomo (2008), Comment le peuple juif fut inventé, Paris, Fayard (traduit de l&#039;hébreu).]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Le commentaire de Jean-René Moret me donne l’occasion de quelques précisions supplémentaires. Le Judaïsme tel que nous le connaissons est le résultat d’une longue histoire et il comporte, comme je l’ai écrit, des éléments plus anciens ainsi que des sources originelles variées. Des archéologues israéliens comme Israël Finkelstein ont montré à la fois que la chronologie biblique devait être rajeunie (l’historicité de Moïse ne reposant sur aucun fondement archéologique, pas plus sans doute que celle de Salomon), et qu’il y avait de nombreux écarts entre les textes et la réalité, notamment du point de vue des cultes effectivement pratiqués. Le Judaïsme n’est certes pas alors la religion d’un grand empire, mais il participe du mouvement vers le monothéisme que pratiquent au même moment une partie de ses voisins. Mon texte se contentait de relever la coïncidence, au temps de l’ « âge axial », entre l’émergence des empires et celle des monothéismes et la similitude de leur vision universaliste du pouvoir, de l’ordre et du territoire.<br />
Le succès « impérial » du Judaïsme viendra cependant de sa descendance chrétienne, même si la question de son prosélytisme et des conversions aux temps hellénistiques et romains reste en débat (cf. ceux autour du livre de Shlomo Sand, 2008). Toutes sortes de religions orientales, d’origines variées, fleurissent dans l’Empire romain, en perpétuel brassage. Pourtant c’est la plus monothéiste, diffusée d’abord dans les élites urbaines, qui l’emportera. Comme je l’écrivais en conclusion, toute religion est double, au moins : le christianisme proposait aussi un message libérateur et personnel, celui que retient ici Jean-René Moret ; mais né dans un contexte mental impérial, il était mieux fait que les vieux paganismes polythéistes pour répondre au nouvel ordre social. On peut regretter cette trajectoire, mais elle ne peut guère être due à un malencontreux concours de circonstances. </p>
<p>FINKELSTEIN Israël &amp; SILBERMANN Neil A. (2001), The Bible unearthed : archaeology&rsquo;s new vision of ancient Israel and the origin of its sacred texts, New York, Free Press ; traduction française : La Bible dévoilée, les nouvelles révélations de l’archéologie, Gallimard, 2004 [NB : le titre anglais original dit « la Bible exhumée », en référence à l’archéologie, et non « dévoilée »].<br />
LEVY Thomas E. &amp; HIGHAM Thomas (2005), editors, Radiocarbon Dating and the Iron Age of the Southern Levant : The Bible and Archæology Today, London.<br />
SAND Shlomo (2008), Comment le peuple juif fut inventé, Paris, Fayard (traduit de l&rsquo;hébreu).</p>
]]></content:encoded>
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	<item>
		<title>Par : Jean-René Moret</title>
		<link>http://blogs.histoireglobale.com/la-mondialisation-imperiale-des-monotheismes_719/comment-page-1#comment-599</link>
		<dc:creator>Jean-René Moret</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Jan 2011 17:08:51 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[L&#039;argumentaire mérite aux moins deux remarques sur le Judéo-christianisme.
D&#039;une part, le judaïsme n&#039;entre pas le schéma présenté; d&#039;une part si on se fie au récit biblique, ses origines remontent loin avant le 5-6ème siècle (13 ou 15 ème siècle pour la loi de Moïse, 10ème siècle pour le temple de Jérusalem), et même si on s&#039;appuie sur les experts les plus critiques, nombre de prophètes exercent dans les deux -trois siècles qui précèdent la déportation à Babylone, et chez ceux-ci apparaît clairement le motif du Dieu universel, seul vrai à l&#039;opposé des idoles des autres nations . En tout les cas, le Judaïsme n&#039;est pas la religion d&#039;un empire conquérant, prétendant englober religieusement les nations qu&#039;il a conquises. Il émerge au sein d&#039;un ou deux états rachitiques tentant de survivre entre divers puissants voisin; même durant l&#039;exil à Babylone, on peut le voir comme religion de vaincus, mais certes pas comme une religion d&#039;empire.

De même, le christianisme ne doit pas sa visée universelle à l&#039;attitude qu&#039;adoptera ultérieurement l&#039;empire romain à son égard. En fait, rien dans la situation historique ne destinait le christianisme à apparaître comme foi de portée mondiale (Le judaïsme de l&#039;époque était bien porté au repli identitaire qu&#039;à l&#039;extension vers les païens, et c&#039;était le cas même pour les premiers grands acteurs du christianisme, ce dont on voit la trace dans les récits bibliques). C&#039;est bien plutôt son succès comme révélation s&#039;adressant à chacun qui a forcé l&#039;empire romain, d&#039;abord foncièrement hostile à cette idéologique qui contestait la seigneurie de César, a composer avec - d&#039;une manière qui, il faut bien le dire, a fait beaucoup de mal au christianisme dans sa teneur originelle.]]></description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;argumentaire mérite aux moins deux remarques sur le Judéo-christianisme.<br />
D&rsquo;une part, le judaïsme n&rsquo;entre pas le schéma présenté; d&rsquo;une part si on se fie au récit biblique, ses origines remontent loin avant le 5-6ème siècle (13 ou 15 ème siècle pour la loi de Moïse, 10ème siècle pour le temple de Jérusalem), et même si on s&rsquo;appuie sur les experts les plus critiques, nombre de prophètes exercent dans les deux -trois siècles qui précèdent la déportation à Babylone, et chez ceux-ci apparaît clairement le motif du Dieu universel, seul vrai à l&rsquo;opposé des idoles des autres nations . En tout les cas, le Judaïsme n&rsquo;est pas la religion d&rsquo;un empire conquérant, prétendant englober religieusement les nations qu&rsquo;il a conquises. Il émerge au sein d&rsquo;un ou deux états rachitiques tentant de survivre entre divers puissants voisin; même durant l&rsquo;exil à Babylone, on peut le voir comme religion de vaincus, mais certes pas comme une religion d&rsquo;empire.</p>
<p>De même, le christianisme ne doit pas sa visée universelle à l&rsquo;attitude qu&rsquo;adoptera ultérieurement l&rsquo;empire romain à son égard. En fait, rien dans la situation historique ne destinait le christianisme à apparaître comme foi de portée mondiale (Le judaïsme de l&rsquo;époque était bien porté au repli identitaire qu&rsquo;à l&rsquo;extension vers les païens, et c&rsquo;était le cas même pour les premiers grands acteurs du christianisme, ce dont on voit la trace dans les récits bibliques). C&rsquo;est bien plutôt son succès comme révélation s&rsquo;adressant à chacun qui a forcé l&rsquo;empire romain, d&rsquo;abord foncièrement hostile à cette idéologique qui contestait la seigneurie de César, a composer avec &#8211; d&rsquo;une manière qui, il faut bien le dire, a fait beaucoup de mal au christianisme dans sa teneur originelle.</p>
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